L’Express d’Orient : le parcours

C’est l’heure de remonter le temps et de continuer la visite de l’Express d’Orient! 😁

Aujourd’hui j’aimerais vous parler un peu du parcours du train. Mais je devrais dire plutôt les parcours! Parce qu’il y en a eu plusieurs, avec le temps.

Les rails du premier parcours de l’Express d’Orient, déjà, n’allaient pas jusqu’à Istanbul.

Non, ils n’avaient pas oublié de les mettre! 😉

Quatresous : c’est à cause d’un fleuve.

Auteure : eh oui, les wagons de luxe qui faisaient la renommée du train s’arrêtaient tout simplement au Danube, qu’ils ne pouvaient pas traverser. C’était un autre train qui prenait la suite… mais après ça ne s’arrangeait pas : la fin du voyage se faisait en bateau à travers la Mer Noire, depuis Varna (Roumanie) jusqu’à Istanbul.

Il faudra attendre 1889 pour que la ligne soit enfin complète. Le train, entier, bifurque alors à Budapest, vers le sud, afin de passer par la Serbie et la Bulgarie et enfin rejoindre sa destination! 🚂🚃🚃🚃

Fontaine : j’ai hâte de pouvoir prendre le train jusqu’au bout! Peut-être au cours de notre prochaine aventure…? 😉

Auteure : vous voulez dire en 1889? Je ne crois pas… j’ai des choses à vous faire faire à Paris. J’ai besoin de vous pour l’Exposition Universelle, vous savez!

Fontaine : 😅 bon, bon… ce n’est pas mal non plus. 😁

Auteure : et à partir de 1918, l’ouverture du tunnel de Simplon (entre la Suisse et l’Italie) permet à l’Orient Express d’effectuer un deuxième trajet, complètement différent, afin d’aller à Venise.

Fontaine : ooooh… Venise? 🤩

Quatresous : elle a dit en 1918. C’est plus de 30 ans après notre premier voyage en 1883…

Auteure : … ah mais vous avez raison, je m’égare. Nous, c’est le toute premier parcours qui nous intéresse. 😁

J’ai reconstitué ce dont l’horaire du train aurait pu avoir l’air pour Quatresous et ses amis : (avec les orthographes de l’époque!)

Bien sûr, chaque pays possède des voies spécifiques. Pour pouvoir rouler partout, les wagons de l’Orient Express adaptent leurs roues à l’écartement demandé. C’est une grande innovation technique pour l’époque!

Le seul inconvénient, c’est que le train ne peut pas rouler à la même vitesse partout. Sur les voies récentes, comme en France ou en Allemagne, le train va jusqu’à 80 km/h! Mais ailleurs, seulement la moitié de cette vitesse est recommandée.

Fontaine : et c’est tant mieux! On a plus le temps d’admirer des paysages inconnus, comme ça.

Barbara : par contre les locomotives ne s’adaptent pas et sont changées à chaque passage de frontière.

Fontaine : vous êtes spécialiste en mode et en train, vous maintenant? 🤔

Barbare : et en tant d’autres choses, si vous saviez. 😉

Auteure : le passage des douanes est facilité, car les douaniers montent dans le train au lieu de faire attendre les passagers pendant des heures. Vous pouvez passer la frontière tranquillement en savourant un café dans le wagon-restaurant, ou en dormant confortablement dans votre compartiment (mais dans ce cas-là, n’oubliez pas de laisser vos papiers au conducteur de votre wagon-lit).

Fontaine : c’est tellement plus pratique, ça! Et tellement moins oppressant.

Quatresous : ça dépend des fois… je n’étais pas très rassurée quand les douaniers nous ont inspectés à la douane allemande à Avricourt.

Barbara : c’était parce que c’était littéralement des loups policiers. 🐺

Fontaine : c’est bien beau tout ça, mais quand peut-on descendre pour se dégourdir les jambes?

Auteure : pendant les arrêts, s’ils ne sont pas trop courts. Certains ne durent que 3 minutes!

Fontaine : 😨

Auteure : mais d’autres sont plus longs, pour changer la locomotive, ou pendant les ravitaillements. L’Orient Express a besoin d’eau et de charbon pour sa locomotive! Et il prend également le courrier, et de délicieuses denrées locales pour sa cuisine. Là, vous pouvez marcher un peu sur le quai…

Fontaine : donnez-moi cet horaire, que je note les moments où je peux aller courir!

Et vous, vous avez aussi besoin de vous dégourdir les jambes en voyage? 😁

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Les Vacances en 1883

Fontaine : ah, les vacances! Personnellement, j’irais bien au bord de la mer! 😁

Quatresous : ah ça. C’est à la mode, ça. Monsieur a toujours voulu y aller. Il était obsédé par l’idée d’aller à Deauville et de gagner plein d’argent au casino, et puis après ça a été toutes les publicités des chemins de fer pour aller à la Baule…

Mademoiselle Melusine : saviez-vous que les stations balnéaires, ou les « bains de mer » pour monsieur Fontaine, sont une invention anglaise? Ils ont plus d’un siècle d’avance pour tout ce qui est de l’hygiène et de la médecine.

Fontaine : ça ne m’étonne pas d’eux, ce n’est pas pour rien qu’ils ont aussi inventé la salle de bain! Mais la médecine? Aux bains de mers?

Mademoiselle Melusine : bien évidemment. Ces bains étaient prescrits en premier lieu pour éloigner les malades des fumées des usines et des épidémies de tuberculose qu’on trouvait dans les grandes villes.

Fontaine : j’ai tout d’un coup beaucoup moins envie d’y aller… 😮

Barbara : ce serait dommage! C’est vraiment très agréable. 😘

Fontaine : évidemment, vous y êtes allée!

Barbara : bien sûr, et avec Stephen et David, si vous pouvez les imaginer!

Mademoiselle Melusine : je vais essayer de ne pas le faire.

Barbara : 🤗 nous avons pratiquement inauguré Boulogne-sur-Mer. Cela remonte si loin, je me demande si ce n’était pas avant la Révolution! Et c’était réservé aux nobles, vous pensez bien.

Quatresous : comme tout en ce temps-là…

Barbara : puis nous avons fait Dieppe, la Rochelle, et Cherbourg, dans les années 1820. Et à Nice, peu après qu’elle soit devenue française, c’était en 1860… ah, que de souvenirs!

Fontaine : c’est comme d’aller en vacances avec un professeur d’histoire privé… je devrais prendre des notes ! 😁 Comment c’est, comme voyage, alors ?

Barbara : eh bien, grâce au chemin de fer qui nous permet d’aller partout maintenant, il suffit de quelques heures et nous voilà dans une charmante gare, desservant une charmante ville toute neuve et toute propre, construite géométriquement autour d’un hôtel et d’un casino. Tout est à disposition, et les bains de mer sont réellement extraordinaires. 🥰

Barbara : oh, à force d’en parler, j’ai envie d’y retourner. Alors, décidez-vous, Deauville, ou Nice?  😘

Quatresous : avec notre chance, les deux seront hantées… 😓

Et vous, ça vous tente les vacances au bord de la mer? 😊

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Orient-Express : le wagon-restaurant

Le wagon-restaurant de l’Orient-Express en 1883

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Lorsque j’ai commencé à rassembler des informations pour 1883 Express d’Orient, j’ai été confrontée à la difficulté d’évoquer un train qui avait été supplanté dans l’imaginaire collectif par une version plus récente, plus brillante, de lui-même. Il était impossible de décrire plus en détails ce qui faisait déjà du train de 1883 un véritable palais roulant dans le roman ; il fallait, avant tout, garder l’histoire en mouvement. Heureusement, sur le blog, je peux prendre un peu plus de temps.

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Deux livres relatent du voyage inaugural du 4 juin 1883 de l’Orient-Express : Une Course à Constantinople, de M. de Blowitz, et De Pontoise à Stamboul de Edmond About, tout deux publiés en 1884. En dehors d’un incident, un essieu en surchauffe qui obligea à changer de wagon-restaurant entre les gares d’Augsbourg et Munich, ils n’ont qu’éloges pour le restaurant et sa cuisine. Voici ce que M. de Blowitz a à dire sur le restaurant :

(source image : L’illustration, juin 1884 ; vue du restaurant depuis la cuisine)

« Le wagon-restaurant se compose de trois compartiments de grandeur inégale. Le premier, plus petit que le second, se transforme, en dehors des heures de repas, en un salon de société ou fumoir, avec divans autour, et tables tournant sur elle-même. Le second est un salon réservé aux dames, et le troisième est le restaurant proprement dit. Mais le premier et le second compartiment même, aux heures de repas, se transforment en restaurant, et les trois divisions réunies, quand les wagons sont au complet, peuvent contenir quarante voyageurs confortablement assis. (…) »

L’Express d’Orient avait déjà l’art des espaces transformables! Mais ce n’est rien devant la description des tables une fois dressées…

« En avant des deux wagons et du fourgon, les rideaux coquettement relevés, le wagon-restaurant jette un éclat extraordinaire sur la scène tout entière. Les grands becs de gaz comprimé éclairent une véritable salle de festin. Toutes les tables du restaurant, deux par deux, se faisant face, celles de quatre couverts à droite, celles de deux couverts à gauche, sur sept rangées, sont dressées d’une façon somptueuse.

La blancheur des nappes et des serviettes fantastiques pliées avec un art coquet par les sommeliers du restaurant ; le scintillement transparent des cristaux ; les rubis du vin rouge ; les topazes du vin blanc ; le pur cristal de l’eau à travers les carafes, et les casques argentés des bouteilles de champagnes, jettent une note éblouissante sur la foule au dehors et au dedans, et donnent comme un démenti vivant à la tristesse des physionomies et regrets invraisemblables des partants. (…). »

(source image : La Nature, 1884 ; vue du restaurant depuis la cuisine)

« Le dîner, servi par quatre maîtres d’hôtel, se poursuit avec une régularité qu’on trouverait irréprochable sans le salon le mieux tenu. (…) Le menu est exquis, et ce qu’il faut ajouter, c’est que, pendant tout le voyage de Paris à Bucharest, les menus rivaliseront de variété et de délicatesse, bien que préparés dans l’espace microscopique de la cuisine qui se trouve à l’extrémité du restaurant. »

Dans cette cuisine « grande comme ma main », le moindre centimètre est utilisé. Les ustensiles sont suspendus jusqu’au plafond, les placards sont remplis à craquer, et tout est à portée de main du cuisinier qui est bien le seul à pouvoir entrer dans ce local magique…

J’ai également trouvé des références à du cuir de Cordoue sur les parois (pour le train de 1888) ainsi que des tapisseries des Gobelins, mais cela était peut-être plus tardif. Dans tous les cas, le restaurant est un symbole de l’Orient Express, la vitrine de sa splendeur, et un décor central pour les personnages de mon roman…

Fontaine (un des personnages en question) : ah, le restaurant, le splendide restaurant! Je suis certain que cette fois, vous n’y trouverez rien à redire!

Quatresous : …

Mademoiselle Melusine : … comment vous dire…?

Fontaine : … si?! 😮

Quatresous : vous saviez que les employés ne dormaient en fait pas dans les fourgons comme dans notre histoire, mais en fait dans des hamacs suspendus au-dessus des tables du restaurant?

Mademoiselle Melusine : c’est tellement peu hygiénique.

Quatresous : ni confortable.

Fontaine : vous êtes impossibles!!! 😵

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(vous pouvez aussi le commander en librairie)

Une Garde-Robe en 1883

Une Garde-Robe en 1883

Votre armoire est-elle pleine? Si vous viviez en 1883, vous auriez besoin d’avoir de quoi vous changer! Les conventions (et la mode) demandaient d’avoir au moins une tenue par jour, par activité, et selon le moment de la journée! 😱

Barbara (une dhampire impressionnante et fort bien vêtue) : pourquoi croyez-vous que nous partions en voyage avec des malles qui nous servaient aussi de garde-robes une fois à la verticale? 🤨

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : oh, j’adore ces malles. On peut y ranger tant de choses dans ces tiroirs! 😁

Barbara : vous vous en servez pour ranger vos livres. Comme tout le reste de vos meubles, d’ailleurs. Laissez donc la place, amateur! Ce sujet demande l’intervention d’une spécialiste! A votre avis, combien de tenues me faut-il par jour?

Auteure : ah c’est vous qui posez les questions, maintenant?

Barbara : évidemment. Alors, combien? 🤭

Auteure : eh bien… laissez moi retrouver mes papiers…

Barbara : il y a la tenue du matin pour le petit-déjeuner, puis la tenue du matin pour les affaires à régler avant le déjeuner. Puis la tenue du déjeuner. Vient ensuite la tenue de l’après-midi si on reste chez soi, ou celle pour sortir, ou encore celle pour recevoir ses amies chez soi. 👗👗👗👗👗👗

Fontaine : autant de tenues? Mais si quelqu’un arrive à l’improviste? 🤯

Barbara : il attend dans le parloir, bien entendu. Avez-vous été élevé chez les sauvages? Pour le soir, il y a la tenue pour le dîner, et la tenue pour sortir au spectacle 💃. Et puis il y a les tenues de voyages… et bien entendu, il est hors de question de porter plusieurs fois la même tenue lorsque vous êtes dans le grand monde. Il faut être à la mode, et se montrer sous son meilleur jour, et je n’ai même pas commencé à vous parler des accessoires… 👢👛👒💍

Fontaine : mais c’est énorme! On voit bien que vous avez les moyens! Moi, et Quatresous, avons une tenue pour le travail, et une tenue du dimanche. Bon, elle a aussi une tenue d’homme pour nos enquêtes, mais c’est particulier…

Barbara : c’est pourtant vrai. Il va être grand temps que je m’occupe de la garde-robe de Quatresous! 😘

Auteure : eh bien, je ne suis pas sûre que j’aurais pu suivre le rythme! 😅

Et vous, pourriez-vous vivre en 1883 avec tant de conventions?

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Où faire des bonnes affaires? (en 1883)

Imaginez. C’est un beau jeudi de mars, et c’est votre jour de sortie à Paris. Votre tenue d’après-midi est prête. Vous iriez bien faire un peu de lèche-vitrine… oui, mais où aller? 🤔

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : c’est une drôle d’expression, tout de même. Qui colle sa langue sur une vitrine?

Mademoiselle Melusine (une jeune fille de famille noble mais étrange) : je vous ai vu devant les librairies du boulevard Saint Michel. Heureusement que cette vitre existe.

Auteure : vous pourriez aller dans un passage couvert, ils existent depuis le début du 19e siècle! Il s’agit d’une rue piétonne entre deux immeubles, dotée d’un charmant plafond en verre qui laisse passer la lumière du jour tout en protégeant de la pluie.

Fontaine : ou d’autres choses qui tombent du haut des immeubles. Des gargouilles… des Quatresous…

Quatresous (une typographe d’ordinaire prudente) : ce n’est arrivé qu’une fois. Et c’était de Notre-Dame, pas de n’importe quel immeuble. 😌

Auteure : les magasins de ces rues ont des vitrines, ce sont les ancêtres des galeries marchandes! Figurez-vous qu’avant le 19e siècle, les magasins étaient des boutiques sans devantures, qui ne vendaient qu’un seul type de produit et où on n’entrait que si on voulait vraiment acheter. Les prix étaient négociables et très souvent à la tête du client…

Fontaine : certaines boutiques sont toujours comme ça…

Quatresous : et elles sont vouées à disparaître…

Auteure : effectivement, car les magasins « modernes » (depuis le début des années 1800!) pratiquent un nouveau concept, celui de l’entrée libre. On peut visiter sans acheter! Et à présent les prix sont fixes et affichés.

Quatresous : ça m’arrange. je suis mauvaise en marchandage.

Fontaine : moi j’adore ça! Heureusement qu’on peut encore le faire sur les marchés!

Auteure : ces magasins pratiquaient déjà les soldes. L’idée et de vendre peu cher, avec peu de marge, mais vendre beaucoup. Et ils publiaient déjà des catalogues de publicités dont le plus vieux remonte à 1844!

Quatresous : il est plus vieux que moi. 😶

Auteure : et un autre concept a fait son chemin : vendre de tout à la fois. Plutôt que des galleries de boutiques spécialisées les une à côté des autres, comme ça se fait déjà dans l’immense bâtiment du Bazar Bonne-Nouvelle, on va inventer le rayon dans les années 1840. Enfin, à l’époque, on appelle ça un comptoir, tenu par une vendeuse.

Quatresous : j’ai voulu être vendeuse. On est nourries, logées au grenier du magasin, c’était tentant…

Fontaine : qu’est-ce qui vous en a empêchée?

Quatresous : il fallait parler aux clientes. Je n’ai jamais été douée à ça. 😅

Auteure : les grandes enseignes ont plus de trente comptoirs, avec notamment des tapis, des meubles, des articles de voyage, de la parfumerie, de la papeterie, des jouets, et surtout, des vêtements de confection! On essaye un vêtement avant de l’acheter, plutôt que de l’acheter sur patron. Bien sûr, il y a toujours des retouches, mais c’est une révolution qui s’appelle le prêt-à-porter.

Fontaine : ça ne change pas grand chose pour moi, je m’habille généralement en seconde main.

Mademoiselle Melusine : d’où vos vieux costumes trop larges?

Fontaine : c’est un style bohème, mademoiselle!

Auteure : alors, irez-vous Au Bon Marché rue de Sèvres, les Grands Magasins du Louvre rue de Rivoli, ou au Printemps boulevard Haussmann? Ces noms font rêver, non? 😉

Quatresous : je n’ai pas les moyens d’aller là. Pour mon budget, ce sera le Palais de la Nouveauté, rue de Clignancourt. En plus, ils font crédit, eux.

Auteure : vous voulez dire les Grands Magasins Dufayel? Ah, ils ne portent pas encore ce nom…

Fontaine : mais ils font crédit? Voilà encore un bon moyen pour se ruiner! 😒

Mademoiselle Melusine : vous dites ça uniquement parce qu’ils ne vendent pas de livres.

Auteure : eh bien… pas encore… 😉

Alors, on va le faire, ce petit tour dans les Grands Magasins de 1883? 😁

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Orient-Express : les wagons-lits

Les Wagons-lits de l’Orient Express en 1883

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Si le wagon-restaurant est le lieu principal de rencontre pour mes personnages, les wagons-lits (aussi appelés « sleeping-cars ») sont le théâtre de scènes plus tranquilles, mais aussi de moments terrifiants.

Continuons donc notre visite de l’Express d’Orient en 1883 avec Edmond About et M. de Blowitz, deux auteurs qui ont relaté leur expérience dans le train de luxe, respectivement dans De Pontoise à Stamboul et Une Course à Constantinople, tout deux publiés en 1884.

Pour Edmond About, les wagons de la CIWL sont des « maisons roulantes, longues de dix-sept mètres et demi, construites en bois de teck et en cristal, chauffées à la vapeur, brillamment éclairées au gaz, largement aérées et aussi confortables pour le moins qu’un riche appartement de Paris ».

Les compartiments

Les wagons-lits en 1883 comportent 7 compartiments, avec des lits numérotés de 1 à 20.

Entre les compartiments 2 et 3, et les compartiments 5 et 6, il se trouve une porte communicante qui peut être verrouillée de chaque côté.

Edmond About décrit le compartiment :

« La chambre, nette et luisante comme un sou neuf, n’a pas reçu une seule couche de peinture, par l’excellente raison qu’elle est boisée de haut en bas. Le matelas et l’oreiller sont juste à point, ni trop mous, ni trop durs ; les draps, qu’on change tous les jours par un raffinement inconnu dans les maisons les plus riches, exhalent une fine odeur de lessive. »

(source de l’image : L’Illustration, 7 juin 1884)

On distingue sur les images la tablette centrale qui sert à poser des tasses, ou à écrire. La petite grille juste au-dessus de la fenêtre est une ventilation. Il y a également un filet tout en haut pour poser les bagages au-dessus des fenêtres.

L’ambiance la nuit est confortable, feutrée, et rassurant à la lumière d’une lampe à gaz qui « brillait discrètement à travers une épaisseur de soie verte. »

M. de Blowitz, lui, trouve que ces voitures sont « spacieuses et confortables. On s’y étend à son aise, même en ayant une taille beaucoup plus haute que la [s]ienne. Le bruit assourdi des roues, à travers les portes fermées et les rideaux tirés, arrive à peine comme une mélopée vague et monotone à l’oreille du dormeur, et lui sert de berceuse. »

Le cabinet de toilette

(source de l’image : L’Illustration, 7 juin 1884)

Les cabinets de toilette, à chaque bout de chaque wagon-lit, sont selon M. About « installés avec luxe, amplement pourvus de savon, d’eau chaude et d’eau fraîche, et maintenus dans un état d’irréprochable propreté par les valets de chambres. » Ils ont, néanmoins, le défaut de n’être que deux pour vingt personnes : « Nous sommes donc obligés, le matin, de nous attendre les uns les autres et quelques fois assez longtemps. » C’est tout de même une révolution pour le voyage ferroviaire : à l’époque les trains ne possèdent pas de cabinet du tout, et les voyageurs font la course sur les quais à chaque arrêt à la recherche des commodités dans les gares…

Eh bien, ça devait être bien confortable, tout de même… petit, mais confortable! Placer mes 39 voyageurs dans ces wagons était un peu compliqué (il fallait garder un oeil sur où se trouvait tout le monde) mais très amusant!

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Comment lire l’avenir

Et si je vous disais qu’on peut vraiment deviner l’avenir? 🔮

Enfin… on a toujours essayé de le faire!

Depuis l’antiquité, des gens en ont fait leur profession, même (surtout?) auprès des dirigeants politiques! Ce sont des astrologues, devins, augures, qui lisent l’avenir dans les signes autour d’eux, comme entre autres :

les lignes de la main (la chiromancie) ✋

le vol des oiseaux (ornithomanice) 🕊

les étoiles (horoscopes) ⭐🌟

les rêves (oniromancie) 💭

les quatre éléments, la terre 🌱 (géomancie), l’eau 🌊 (hydromancie), l’air 💨 (aéromancie) et le feu 🔥(pyromancie),

des petites choses lancées au hasard comme des graines, des os, des bâtons…

des choses symbolique tirées au hasard, comme des cartes (cartomancie), des runes (runomancie)…

des entrailles d’animaux sacrifiés, particulièrement le foie (hépatoscopie)

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : pardon? Vous avez dit le foie? 😲 Oh, c’est… euh… charmant! Et ça marche, vous croyez?

Quatresous (une typographe prudente) : je vous le dirai quand j’y serai dans mes leçons de magie… 😅

Et vous, croyez-vous à la divination? 😉 Connaissez-vous d’autres façons de lire l’avenir?

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Orient-Express : le train


L’Express d’Orient, mieux connu sous son nom international Orient Express, est la première ligne traversant l’Europe de Paris à Constantinople (Istanbul) sans changement de train ou étape obligatoire dans un restaurant ou un hôtel. Du moins, il le sera en 1889. En 1883, il faut encore débarquer deux fois : à Giurgewo (Giurgiu, en Roumanie) pour traverser le Danube, puis à Varna (en Bulgarie) pour traverser la Mer Noire.

Néanmoins, pour la plus grande partie de son trajet, c’est un véritable appartement roulant qui offre la pointe du confort disponible à l’époque. Si ce ne sont pas encore les  magnifiques voitures Pullman plus connues des années 1930, le train est déjà un bijou de luxe et de raffinement, depuis le service des wagons-lits jusqu’au restaurant, bien qu’il soit encore majoritairement construit en bois.

Le train n’a pas encore de salons de jour, les voyageurs ne peuvent réserver qu’un compartiment avec couchette. Il roule avec une configuration assez courte : une locomotive (qui change à chaque passage de frontière), son tender (réserve de charbon pour la locomotive), un fourgon à bagages, deux wagons-lits, un wagon-restaurant, et un autre fourgon pour la réserve du restaurant en plus des bagages. Il fait environ 75m de long. 

Le train est chauffé à la vapeur, et éclairé au gaz, mais le passage entre les wagons n’est pas entièrement couvert : on passe d’une plate-forme (aux deux extrémités de chaque wagon) à une autre par une passerelle.

Chaque wagon-lit peut accueillir 20 voyageurs, répartis en compartiments munis de couchettes superposées : 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits. Les compartiments de deux lits sont reliés par paires, grâce à des portes intérieures. Il n’y a pas encore de cabinet de toilette entre chaque compartiment comme il y en aura plus tard, mais chaque wagon-lit est muni d’un cabinet de toilette (muni d’eau chaude!) à chacune de ses extrémités. Le conducteur du wagon (qui ne conduit pas le train! 🙃 ) est la personne à qui vous adresser si vous avez besoin d’une bouteille d’eau ou d’une couverture supplémentaire, stockés dans une armoire. Les wagons-lits sont fermés à clef pendant la nuit.

Les plafonds des wagons sont arrondis, et décorés de frises ou de motifs floraux. Dans le restaurant, des miroirs énormes sont posés sur les cloisons de séparation afin de refléter la décoration tout en agrandissant l’espace. Le reste des murs est recouvert de tapisseries des Gobelins. Les rideaux des fenêtres s’enroulent au-dessus des vitres, et sont eux aussi ornés de motifs végétaux. Au-dessus des fenêtres courent des portes-bagages grillagés, comme une longue étagère ajourée.

Si la cuisine est un tout petit espace dans le wagon-restaurant dans lequel on peut à peine bouger entre l’énorme fourneau, l’espace lavage, et les ustensiles accrochés jusqu’au plafond, cela n’entrave aucunement le talent du chef. Les menus s’agrémentent des produits locaux des villes que le train traverse. Les plats sont servis dans de la vaisselle fine, sur des tables lourdes qui restent stables en toute circonstances.

Petit détail original, le salon pour dames (qui fait partie du wagon-restaurant) possède une banquette en « U » le long d’un côté du wagon. Le fumoir, à six places, fait également office de salon de lecture : il comporte une petite bibliothèque garnie d’une trentaine de livres, de journaux, de jeux de cartes et de dominos et de tout ce qu’il faut pour écrire.

L’un des défis techniques d’un train international réside à l’époque dans la largeur des rails, qui est différente dans chaque pays. Le wagons sont donc équipés d’essieux qui pouvaient s’adapter. Cela influence sur la vitesse du train : il peut aller jusqu’à 80 km/h sur les voies françaises et allemandes (ce qui est très rapide pour l’époque!), mais d’autres voies le limitent à 40 km/h.

La traversée des montagnes pose également quelques difficultés. Afin de pouvoir tirer le poids du train dans les montées des Carpates, une machine de renfort était ajoutée  à la locomotive.

Je cherchais un voyage en train qui soit très évocateur. L’Orient-Express est le premier train international qui allait si loin à travers Europe sur une ligne directe. J’ai trouvé ça très inspirant comme base pour un roman fantastique à la découverte de gens plutôt différents. On connaît surtout la version du train des années 1930 (on pense à Agatha Christie, qui prenait régulièrement cette ligne…) mais j’ai préféré la toute première version du train, plus empreinte de nouveauté et découverte de l’inconnu. 😊

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Croissant ou baguette?

Mais où donc un petit déjeuner pouvait bien coûter si cher??

Eh bien, dans l’Orient-Express, le train de luxe où il fallait absolument être vu. En octobre 1883, un petit déjeuner y coûtait 1,50 francs, soit plus d’une journée de travail pour une domestique comme Quatresous!

Mais que mangeaient-ils donc de si formidable?!

Et bien, pratiquement la même chose que nous aujourd’hui! Depuis le 18e siècle, en France, on prend le matin une boisson chaude (café au lait, chocolat chaud ou thé), accompagné de tartines grillées ou de viennoiseries, avec du beurre. Et, éventuellement, il y a des fruits provenant directement des pays traversés par le train.

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : ça, c’est bien pour les riches! Nous, à Paris, on déjeune à la baguette bon marché trempée dans du café.

Quatresous (une typographe prudente) : et on a pu voir que dans les campagnes, c’est baguette trempée dans de la soupe au vin. Quelque fois avec pas trop de soupe…

Fontaine : bref, dans l’Orient-Express, on paie le service et la vaisselle?

Quatresous : non, il faut reconnaître que les produits sont de qualité… mais oui, la vaisselle aussi.

Et vous, vous prenez quoi au petit déjeuner? 🥐☕🍞🧈 Dites-moi tout dans les commentaires!

Pas de cadeaux pour toi!

Figurez-vous que l’origine des étrennes remonte à la Rome antique, et que le mot « étrennes » serait dérivé de « Strena », du nom de la déesse de la santé. Les Romains, qui avaient bien compris que le sucre c’est la vie, s’offraient le jour du nouvel an des figues, des dates, du miel, soit plein de douceurs qui symbolisaient toutes les bonnes choses qu’ils souhaitaient voir arriver dans l’année à venir. 😊

Mais voilà, comme il s’agissait d’une coutume païenne, pas question d’avoir cela associé à une fête religieuse chrétienne. Noël, c’est la naissance du Christ, et rien d’autre. Non mais.

Mais les coutumes sont tenaces. En plus, à la fin du 19e siècle, c’est le plein essor de l’ère industrielle, et les grands magasins débordent de choses à vendre : des nouveautés, des jouets, des vêtements… et les Etrennes, c’est l’occasion parfaite, surtout pour les enfants. Une poupée, un polichinelle, un train à roulettes ; chaque année les catalogues illustrés montrent ce qui se fait de mieux, et à prix modique, en plus. Exactement comme ceux d’aujourd’hui, mais sans l’étiquette « Noël ».

Alors finalement, quel sera le déclic ?

Eh bien, une étrange transformation. Celle d’une tradition germanique, d’un certain Saint Nicolas (Saint Nikolaus), qui apporte des gâteaux et friandises aux enfants sages, alors que le Père Fouettard apporte un morceau de charbon aux enfants désobéissants. Il passe le 6 décembre, initialement, mais en plissant un peu les yeux… 😝

Et voilà ! Une importation dans le melting-pot américain plus tard, Saint Nicolas devient Santa Claus 🎅 et hop ! Un consensus se fait, une sorte de moyenne entre le 6 décembre et le 1er janvier. Au 20e siècle, cette version est adoptée dans le monde entier, le Père Noël peut enfin prendre du service, et apporter les cadeaux le 25 décembre.

Alors, ça vaut le coup d’être sage toute l’année, non? 😜

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