L’Express d’Orient : le parcours

C’est l’heure de remonter le temps et de continuer la visite de l’Express d’Orient! 😁

Aujourd’hui j’aimerais vous parler un peu du parcours du train. Mais je devrais dire plutôt les parcours! Parce qu’il y en a eu plusieurs, avec le temps.

Les rails du premier parcours de l’Express d’Orient, déjà, n’allaient pas jusqu’à Istanbul.

Non, ils n’avaient pas oublié de les mettre! 😉

Quatresous : c’est à cause d’un fleuve.

Auteure : eh oui, les wagons de luxe qui faisaient la renommée du train s’arrêtaient tout simplement au Danube, qu’ils ne pouvaient pas traverser. C’était un autre train qui prenait la suite… mais après ça ne s’arrangeait pas : la fin du voyage se faisait en bateau à travers la Mer Noire, depuis Varna (Roumanie) jusqu’à Istanbul.

Il faudra attendre 1889 pour que la ligne soit enfin complète. Le train, entier, bifurque alors à Budapest, vers le sud, afin de passer par la Serbie et la Bulgarie et enfin rejoindre sa destination! 🚂🚃🚃🚃

Fontaine : j’ai hâte de pouvoir prendre le train jusqu’au bout! Peut-être au cours de notre prochaine aventure…? 😉

Auteure : vous voulez dire en 1889? Je ne crois pas… j’ai des choses à vous faire faire à Paris. J’ai besoin de vous pour l’Exposition Universelle, vous savez!

Fontaine : 😅 bon, bon… ce n’est pas mal non plus. 😁

Auteure : et à partir de 1918, l’ouverture du tunnel de Simplon (entre la Suisse et l’Italie) permet à l’Orient Express d’effectuer un deuxième trajet, complètement différent, afin d’aller à Venise.

Fontaine : ooooh… Venise? 🤩

Quatresous : elle a dit en 1918. C’est plus de 30 ans après notre premier voyage en 1883…

Auteure : … ah mais vous avez raison, je m’égare. Nous, c’est le toute premier parcours qui nous intéresse. 😁

J’ai reconstitué ce dont l’horaire du train aurait pu avoir l’air pour Quatresous et ses amis : (avec les orthographes de l’époque!)

Bien sûr, chaque pays possède des voies spécifiques. Pour pouvoir rouler partout, les wagons de l’Orient Express adaptent leurs roues à l’écartement demandé. C’est une grande innovation technique pour l’époque!

Le seul inconvénient, c’est que le train ne peut pas rouler à la même vitesse partout. Sur les voies récentes, comme en France ou en Allemagne, le train va jusqu’à 80 km/h! Mais ailleurs, seulement la moitié de cette vitesse est recommandée.

Fontaine : et c’est tant mieux! On a plus le temps d’admirer des paysages inconnus, comme ça.

Barbara : par contre les locomotives ne s’adaptent pas et sont changées à chaque passage de frontière.

Fontaine : vous êtes spécialiste en mode et en train, vous maintenant? 🤔

Barbare : et en tant d’autres choses, si vous saviez. 😉

Auteure : le passage des douanes est facilité, car les douaniers montent dans le train au lieu de faire attendre les passagers pendant des heures. Vous pouvez passer la frontière tranquillement en savourant un café dans le wagon-restaurant, ou en dormant confortablement dans votre compartiment (mais dans ce cas-là, n’oubliez pas de laisser vos papiers au conducteur de votre wagon-lit).

Fontaine : c’est tellement plus pratique, ça! Et tellement moins oppressant.

Quatresous : ça dépend des fois… je n’étais pas très rassurée quand les douaniers nous ont inspectés à la douane allemande à Avricourt.

Barbara : c’était parce que c’était littéralement des loups policiers. 🐺

Fontaine : c’est bien beau tout ça, mais quand peut-on descendre pour se dégourdir les jambes?

Auteure : pendant les arrêts, s’ils ne sont pas trop courts. Certains ne durent que 3 minutes!

Fontaine : 😨

Auteure : mais d’autres sont plus longs, pour changer la locomotive, ou pendant les ravitaillements. L’Orient Express a besoin d’eau et de charbon pour sa locomotive! Et il prend également le courrier, et de délicieuses denrées locales pour sa cuisine. Là, vous pouvez marcher un peu sur le quai…

Fontaine : donnez-moi cet horaire, que je note les moments où je peux aller courir!

Et vous, vous avez aussi besoin de vous dégourdir les jambes en voyage? 😁

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Les Vacances en 1883

Fontaine : ah, les vacances! Personnellement, j’irais bien au bord de la mer! 😁

Quatresous : ah ça. C’est à la mode, ça. Monsieur a toujours voulu y aller. Il était obsédé par l’idée d’aller à Deauville et de gagner plein d’argent au casino, et puis après ça a été toutes les publicités des chemins de fer pour aller à la Baule…

Mademoiselle Melusine : saviez-vous que les stations balnéaires, ou les « bains de mer » pour monsieur Fontaine, sont une invention anglaise? Ils ont plus d’un siècle d’avance pour tout ce qui est de l’hygiène et de la médecine.

Fontaine : ça ne m’étonne pas d’eux, ce n’est pas pour rien qu’ils ont aussi inventé la salle de bain! Mais la médecine? Aux bains de mers?

Mademoiselle Melusine : bien évidemment. Ces bains étaient prescrits en premier lieu pour éloigner les malades des fumées des usines et des épidémies de tuberculose qu’on trouvait dans les grandes villes.

Fontaine : j’ai tout d’un coup beaucoup moins envie d’y aller… 😮

Barbara : ce serait dommage! C’est vraiment très agréable. 😘

Fontaine : évidemment, vous y êtes allée!

Barbara : bien sûr, et avec Stephen et David, si vous pouvez les imaginer!

Mademoiselle Melusine : je vais essayer de ne pas le faire.

Barbara : 🤗 nous avons pratiquement inauguré Boulogne-sur-Mer. Cela remonte si loin, je me demande si ce n’était pas avant la Révolution! Et c’était réservé aux nobles, vous pensez bien.

Quatresous : comme tout en ce temps-là…

Barbara : puis nous avons fait Dieppe, la Rochelle, et Cherbourg, dans les années 1820. Et à Nice, peu après qu’elle soit devenue française, c’était en 1860… ah, que de souvenirs!

Fontaine : c’est comme d’aller en vacances avec un professeur d’histoire privé… je devrais prendre des notes ! 😁 Comment c’est, comme voyage, alors ?

Barbara : eh bien, grâce au chemin de fer qui nous permet d’aller partout maintenant, il suffit de quelques heures et nous voilà dans une charmante gare, desservant une charmante ville toute neuve et toute propre, construite géométriquement autour d’un hôtel et d’un casino. Tout est à disposition, et les bains de mer sont réellement extraordinaires. 🥰

Barbara : oh, à force d’en parler, j’ai envie d’y retourner. Alors, décidez-vous, Deauville, ou Nice?  😘

Quatresous : avec notre chance, les deux seront hantées… 😓

Et vous, ça vous tente les vacances au bord de la mer? 😊

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Orient-Express : le wagon-restaurant

Le wagon-restaurant de l’Orient-Express en 1883

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Lorsque j’ai commencé à rassembler des informations pour 1883 Express d’Orient, j’ai été confrontée à la difficulté d’évoquer un train qui avait été supplanté dans l’imaginaire collectif par une version plus récente, plus brillante, de lui-même. Il était impossible de décrire plus en détails ce qui faisait déjà du train de 1883 un véritable palais roulant dans le roman ; il fallait, avant tout, garder l’histoire en mouvement. Heureusement, sur le blog, je peux prendre un peu plus de temps.

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Deux livres relatent du voyage inaugural du 4 juin 1883 de l’Orient-Express : Une Course à Constantinople, de M. de Blowitz, et De Pontoise à Stamboul de Edmond About, tout deux publiés en 1884. En dehors d’un incident, un essieu en surchauffe qui obligea à changer de wagon-restaurant entre les gares d’Augsbourg et Munich, ils n’ont qu’éloges pour le restaurant et sa cuisine. Voici ce que M. de Blowitz a à dire sur le restaurant :

(source image : L’illustration, juin 1884 ; vue du restaurant depuis la cuisine)

« Le wagon-restaurant se compose de trois compartiments de grandeur inégale. Le premier, plus petit que le second, se transforme, en dehors des heures de repas, en un salon de société ou fumoir, avec divans autour, et tables tournant sur elle-même. Le second est un salon réservé aux dames, et le troisième est le restaurant proprement dit. Mais le premier et le second compartiment même, aux heures de repas, se transforment en restaurant, et les trois divisions réunies, quand les wagons sont au complet, peuvent contenir quarante voyageurs confortablement assis. (…) »

L’Express d’Orient avait déjà l’art des espaces transformables! Mais ce n’est rien devant la description des tables une fois dressées…

« En avant des deux wagons et du fourgon, les rideaux coquettement relevés, le wagon-restaurant jette un éclat extraordinaire sur la scène tout entière. Les grands becs de gaz comprimé éclairent une véritable salle de festin. Toutes les tables du restaurant, deux par deux, se faisant face, celles de quatre couverts à droite, celles de deux couverts à gauche, sur sept rangées, sont dressées d’une façon somptueuse.

La blancheur des nappes et des serviettes fantastiques pliées avec un art coquet par les sommeliers du restaurant ; le scintillement transparent des cristaux ; les rubis du vin rouge ; les topazes du vin blanc ; le pur cristal de l’eau à travers les carafes, et les casques argentés des bouteilles de champagnes, jettent une note éblouissante sur la foule au dehors et au dedans, et donnent comme un démenti vivant à la tristesse des physionomies et regrets invraisemblables des partants. (…). »

(source image : La Nature, 1884 ; vue du restaurant depuis la cuisine)

« Le dîner, servi par quatre maîtres d’hôtel, se poursuit avec une régularité qu’on trouverait irréprochable sans le salon le mieux tenu. (…) Le menu est exquis, et ce qu’il faut ajouter, c’est que, pendant tout le voyage de Paris à Bucharest, les menus rivaliseront de variété et de délicatesse, bien que préparés dans l’espace microscopique de la cuisine qui se trouve à l’extrémité du restaurant. »

Dans cette cuisine « grande comme ma main », le moindre centimètre est utilisé. Les ustensiles sont suspendus jusqu’au plafond, les placards sont remplis à craquer, et tout est à portée de main du cuisinier qui est bien le seul à pouvoir entrer dans ce local magique…

J’ai également trouvé des références à du cuir de Cordoue sur les parois (pour le train de 1888) ainsi que des tapisseries des Gobelins, mais cela était peut-être plus tardif. Dans tous les cas, le restaurant est un symbole de l’Orient Express, la vitrine de sa splendeur, et un décor central pour les personnages de mon roman…

Fontaine (un des personnages en question) : ah, le restaurant, le splendide restaurant! Je suis certain que cette fois, vous n’y trouverez rien à redire!

Quatresous : …

Mademoiselle Melusine : … comment vous dire…?

Fontaine : … si?! 😮

Quatresous : vous saviez que les employés ne dormaient en fait pas dans les fourgons comme dans notre histoire, mais en fait dans des hamacs suspendus au-dessus des tables du restaurant?

Mademoiselle Melusine : c’est tellement peu hygiénique.

Quatresous : ni confortable.

Fontaine : vous êtes impossibles!!! 😵

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Terreur de la Fantasy…

« Ne soyez pas effrayés par la fantasy. Et ne présupposez pas qu’elle n’a pas de valeur littéraire. Elle pourrait bien vous impressionner. »
❧ Ursula K. Le Guin

Fontaine : oh je ne suis pas effrayé par la fantasy, ni par le surnaturel. C’est juste quand les monstres arrivent qu’il m’arrive, parfois, de temps en temps, d’être légèrement déstabilisé… juste un peu…

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Le Curieux Sujet : les dhampires

(vous ne trouvez pas qu’il ressemble à David enfant…? 😂)

Je vais vous avouer quelque chose. 😊

Pendant 20 ans, j’ai tenu un site web sur les vampires… oui. Les vampires! 🧛

La vérité, c’est que j’ai toujours aimé les histoires de vampires. Enfant, j’ai lu les livres de la série de Bibliothèque Rose du Petit Vampire de Angela Sommer Bodenburg.

Puis j’ai lu Dracula de Bram Stoker, et Lestat le Vampire d’Anne Rice, et quand j’ai enfin eu un accès à internet (c’était il y a loooongtemps! 😅 ) j’ai entrepris de faire un site où je parlais de tout ce qui avait trait aux saigneurs de la nuit.

J’ai lu des études sur les vampires à toutes les époques, et les vampires dans toutes les cultures.

J’ai vu des tas et des tas de films, de tous les styles et de tous les pays, depuis le muet allemand Nosferatu (1922, de Murnau) jusqu’à l’improbable Dracula au Pakistan (1967, de Khwaja Sarfraz) qui incorpore des danses à l’histoire. 😮

Et je ne regrette rien! Parce que ça a ouvert mon esprit à regarder des choses étranges hors des sentiers battus des films grand public dit « hollywoodiens ».

(attention, je n’ai rien contre Hollywood bien au contraire! Mais il y a des pépites dans le cinéma indépendant qui n’attendent qu’à être découvertes ❤️)

Et c’est pareil pour les romans.

Ce qui m’amène, enfin, à ce dont je voulais vous parler aujourd’hui : les dhampires.

« Dhampir » est un mot dérivé de vampire. C’est un terme que j’ai trouvé dans le folklore traditionnel des Balkans, et qui désigne le descendant d’un vampire. Ils sont également appellés « vampirovitch » (Serbie) et sont réputés infaillibles pour détecter des vampires.

🤓

Et puis Marvel s’en est servi pour décrire son héros demi-vampire Blade, un humain qui est né après que sa mère ait été mordue par un vampire et qui a hérité de pouvoirs. 😁

Et voilà! Un dhampire est simplement moitié humain, moitié vampire.

Fontaine (journaliste enthousiaste au Curieux) : j’ai appris quelque chose! 🤩

Quatresous (typographe prudente au Curieux) : nous ne le savions pas déjà? Nous avons des amis qui sont des dhampires…

Fontaine : nous ne connaissions pas tous les détails! Vous savez comment sont les dhampires, ils gardent leurs secrets! Mais à présent, nous savons! Enfin… nous savons où chercher pour en apprendre plus! 😆

Quatresous : il va falloir apprendre les langues de la-bas, je le sens.

Et vous, avez-vous aussi une passion qui vous a amené à découvrir des choses que vous n’auriez jamais eu l’idée de chercher autrement?

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Une Garde-Robe en 1883

Une Garde-Robe en 1883

Votre armoire est-elle pleine? Si vous viviez en 1883, vous auriez besoin d’avoir de quoi vous changer! Les conventions (et la mode) demandaient d’avoir au moins une tenue par jour, par activité, et selon le moment de la journée! 😱

Barbara (une dhampire impressionnante et fort bien vêtue) : pourquoi croyez-vous que nous partions en voyage avec des malles qui nous servaient aussi de garde-robes une fois à la verticale? 🤨

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : oh, j’adore ces malles. On peut y ranger tant de choses dans ces tiroirs! 😁

Barbara : vous vous en servez pour ranger vos livres. Comme tout le reste de vos meubles, d’ailleurs. Laissez donc la place, amateur! Ce sujet demande l’intervention d’une spécialiste! A votre avis, combien de tenues me faut-il par jour?

Auteure : ah c’est vous qui posez les questions, maintenant?

Barbara : évidemment. Alors, combien? 🤭

Auteure : eh bien… laissez moi retrouver mes papiers…

Barbara : il y a la tenue du matin pour le petit-déjeuner, puis la tenue du matin pour les affaires à régler avant le déjeuner. Puis la tenue du déjeuner. Vient ensuite la tenue de l’après-midi si on reste chez soi, ou celle pour sortir, ou encore celle pour recevoir ses amies chez soi. 👗👗👗👗👗👗

Fontaine : autant de tenues? Mais si quelqu’un arrive à l’improviste? 🤯

Barbara : il attend dans le parloir, bien entendu. Avez-vous été élevé chez les sauvages? Pour le soir, il y a la tenue pour le dîner, et la tenue pour sortir au spectacle 💃. Et puis il y a les tenues de voyages… et bien entendu, il est hors de question de porter plusieurs fois la même tenue lorsque vous êtes dans le grand monde. Il faut être à la mode, et se montrer sous son meilleur jour, et je n’ai même pas commencé à vous parler des accessoires… 👢👛👒💍

Fontaine : mais c’est énorme! On voit bien que vous avez les moyens! Moi, et Quatresous, avons une tenue pour le travail, et une tenue du dimanche. Bon, elle a aussi une tenue d’homme pour nos enquêtes, mais c’est particulier…

Barbara : c’est pourtant vrai. Il va être grand temps que je m’occupe de la garde-robe de Quatresous! 😘

Auteure : eh bien, je ne suis pas sûre que j’aurais pu suivre le rythme! 😅

Et vous, pourriez-vous vivre en 1883 avec tant de conventions?

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Pour être humain…

« Les hommes ont besoin d’imaginaire pour être humains. »
❧ Terry Pratchett

(extrait du Père Porcher, de Terry Pratchett, 1996)

Susan Sto Helit : Tu dis que les hommes ont besoin d’imaginaire pour rendre la vie supportable.
LA MORT : NON. LES HOMMES ONT BESOIN D’IMAGINAIRE POUR ÊTRE HUMAINS. À LA CONJONCTION DE L’ANGE DECHU ET DU SINGE DEBOUT.

(pardon pour les majuscules, c’est comme ça que la Mort parle dans le livre…)

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Le Curieux Sujet : les Entre-Deux

Fontaine (journaliste enthousiaste au Curieux) : vous savez que Entre-Deux, c’est un terme des Alterï pour désigner quelqu’un qui n’est ni vraiment Alter, ni vraiment Commun?

Auteure : ah?

Fontaine : c’est Mademoiselle Melusine qui nous a tout expliqué dans une lettre très claire à ce sujet.

Quatresous (typographe prudente au Curieux) : je n’aurais pas été jusqu’à « très claire ». 🤨

Fontaine : tout de même! Attendez que je la retrouve… ah la voici. Donc… « mes très chers et curieux collaborateurs en enquêtes magiques »… ça c’est nous.

Quatresous : avancez un peu…

Fontaine : « à voir vos questions imprécises et votre orthographe approximative des termes de notre communauté, je devine votre confusion »… 😅 non, vous avez raison, je vais avancer un peu.

Quatresous : merci. 😌

Fontaine : ah, voilà ce que je cherchais! Les Communs sont « des êtres humains qui ne se doutent de rien ». Et les Alterï : « c’est simplement le mot latin pour « autres », comme les « Sorciers, vampires, loups-garous et autres métamorphes, anges de toutes confessions, fantômes et esprits, kobolds et autres lutins ». Voilà, c’est très facile!

Quatresous : continuez?

Fontaine : ensuite elle explique que les Alterï se cachent des Communs à cause des lois qui ont été établies du temps où on brûlait les sorcières. Ils vont même jusqu’à leur faire magiquement oublier des choses. Nous avons eu de la chance!

Quatresous : c’est parce qu’ils avaient besoin de nous. 😒

Fontaine : ou qu’ils nous faisaient confiance? Non vous avez raison, ils avaient besoin de nous. 🤔

Quatresous : il vaut mieux ne pas nous faire d’illusions…

Fontaine : oui, oui, enfin. Reprenons cette lettre! Donc, les gens à qui on laisse les souvenirs, sont des »Communs qui n’en sont plus tout à fait, des Entre-Deux. Non, monsieur Fontaine, cela ne se mange pas (enfin, sauf si votre voisin est un vampire peu scrupuleux) »… comment savait-elle que j’allais parler des entremets? 😮

Quatresous : je me demande, en effet. 😌

Fontaine : bon, bon, pour être bref, dans les Entre-deux il y a les enquêteurs comme nous, et les Chasseurs d’Alterï, qui sont tolérés parce qu’ils éliminent des sujets dangereux tout en étant hors de la politique interne des clans d’Alterï.

Quatresous : elle dit vraiment cela?

Fontaine : ah, pas aussi directement. Je paraphrase. Et je résume. Mais c’est là, je vous assure! 😁

Quatresous : je me disais aussi…

Fontaine : elle termine en disant que la vie des Entre-Deux n’est pas confortable, et elle vous conseille de continuer la magie, et de m’empêcher formellement d’en faire. Ah, ça! C’est un peu fort! 😕

Quatresous : vous avez tendance à provoquer des combustions spontanées, et nous vivons dans un grenier rempli de livres.

Fontaine : oui, oui, bon, je vous promets de faire attention. Mais voilà, les Alterï, les Communs, et les Entre-Deux sont expliqués!

Auteure : je n’aurais pas pu faire mieux moi-même.

Eh bien, il semblerait qu’il y a pire que de se sentir entre deux, c’est d’être un Entre-Deux!

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Si la Famille Addams se passait en 1883…

Êtes-vous prêts à rencontrer la plus célèbre des familles étranges? Vous l’avez déjà reconnue, j’en suis sûre : la Famille Addams.

La Famille Addams est née sur papier et sous la plume de Charles Addams (on n’invente rien!) en 1938 dans le journal américain The New Yorker. A l’époque, il s’agit d’une série d’illustrations, parfois accompagnées d’une phrase de dialogue d’humour noir, et/ou très décalé.

Fontaine (une journaliste enthousiaste): ah! Cela devrait plaire à Mademoiselle Melusine, ça! On dirait vous!

Mademoiselle Melusine (une jeune fille étrange): vous parlez du rose, ou de l’expression de la jeune fille?

Auteure : aucun des personnages n’a encore de nom! Ils vivent dans leur petit monde macabre (et un manoir magnifiquement gothique) où il est parfaitement normal de côtoyer des monstres et où se sentir mal est la preuve d’une réussite exceptionnelle. Tout est à l’envers chez eux! Nous sommes de l’autre côté du miroir, et c’est un côté un petit peu cruel. Comme cette carte de voeux où ils s’apprêtent à verser de l’huile bouillante sur des petits chanteurs de Noël…

(en même temps, ils n’ont pas la même conception de la mort que le reste du monde, puisque rien ne semble les blesser! mais je m’égare…)

Puis en 1964, le comic est adapté en série TV! C’est la création du générique que vous avez tous en tête, à l’heure qu’il est. (tu du du du snap snap). Mais c’est aussi ce qui va peindre le décor en rose… en effet, la série filmée en noir et blanc avait besoin de décors de couleurs très vives afin que les profondeurs ressortent à l’écran. Et ça, c’est le plus étrange!

Pour l’occasion, tous les personnages sont approfondis et c’est enfin qu’apparaissent Gomez, Morticia, leurs enfants Pugsley et sa petite soeur Mercredi (Wednesday en VO), Granmaman, l’Oncle Fétide (Fester en VO), le cousin Machin (Itt en VO), Lurch le majordome, la Chose (une main baladeuse, The Thing en VO), ainsi que les voisins et la ville de « normaux ». La famille évolue aussi, perd en effrayant et gagne sur le tableau de la comédie, ce qui les rends plus… humains? A peine! Mais assez pour que Charles Addams déplore que cette version de ses personnages n’est même pas moitié moins evil que sa création d’origine…

Mais c’est la raison pour laquelle j’ai toujours aimé la Famille Addams. En dépit de leur apparence macabre (et « satanique »), ils font preuve d’une grande bienveillance, de tolérance, d’une solidarité familiale à toute épreuve et d’une grande compassion envers leurs voisins « normaux ». Ils sont toujours prêts à aider, sans jamais se compromettre. L’amour entre Gomez et Morticia est légendaire. Ils soutiennent toujours leurs enfants. Ils sont souvent plus humains que les « normaux », qui sont eux prisonniers de leurs conventions et leur à priori.

Fontaine : eh bien, si c’est ce qui vous a inspirée, Mademoiselle Melusine, on peut dire qu’au fond vous aussi vous êtes un être humain! Enfin… je veux dire… peut-être pas techniquement un être humain, mais…

Mademoiselle Melusine : vous devriez arrêter de parler, à présent.

Depuis sa création, la Famille Addams traversé le temps, et les séries, films, films d’animation, jeux vidéos et même des comédies musicales!

Les adaptations les plus récentes oublient un peu la famille pour se concentrer sur Mercredi. Il faut dire qu’avec les interprétations de Christina Ricci, Jenna Ortega et même la jeune Lisa Loring dans la série en noir et blanc, le personnage est devenu une icône. Mais toujours à la façon Addams, bien entendu.

(tu du du du snap snap)

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Où faire des bonnes affaires? (en 1883)

Imaginez. C’est un beau jeudi de mars, et c’est votre jour de sortie à Paris. Votre tenue d’après-midi est prête. Vous iriez bien faire un peu de lèche-vitrine… oui, mais où aller? 🤔

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : c’est une drôle d’expression, tout de même. Qui colle sa langue sur une vitrine?

Mademoiselle Melusine (une jeune fille de famille noble mais étrange) : je vous ai vu devant les librairies du boulevard Saint Michel. Heureusement que cette vitre existe.

Auteure : vous pourriez aller dans un passage couvert, ils existent depuis le début du 19e siècle! Il s’agit d’une rue piétonne entre deux immeubles, dotée d’un charmant plafond en verre qui laisse passer la lumière du jour tout en protégeant de la pluie.

Fontaine : ou d’autres choses qui tombent du haut des immeubles. Des gargouilles… des Quatresous…

Quatresous (une typographe d’ordinaire prudente) : ce n’est arrivé qu’une fois. Et c’était de Notre-Dame, pas de n’importe quel immeuble. 😌

Auteure : les magasins de ces rues ont des vitrines, ce sont les ancêtres des galeries marchandes! Figurez-vous qu’avant le 19e siècle, les magasins étaient des boutiques sans devantures, qui ne vendaient qu’un seul type de produit et où on n’entrait que si on voulait vraiment acheter. Les prix étaient négociables et très souvent à la tête du client…

Fontaine : certaines boutiques sont toujours comme ça…

Quatresous : et elles sont vouées à disparaître…

Auteure : effectivement, car les magasins « modernes » (depuis le début des années 1800!) pratiquent un nouveau concept, celui de l’entrée libre. On peut visiter sans acheter! Et à présent les prix sont fixes et affichés.

Quatresous : ça m’arrange. je suis mauvaise en marchandage.

Fontaine : moi j’adore ça! Heureusement qu’on peut encore le faire sur les marchés!

Auteure : ces magasins pratiquaient déjà les soldes. L’idée et de vendre peu cher, avec peu de marge, mais vendre beaucoup. Et ils publiaient déjà des catalogues de publicités dont le plus vieux remonte à 1844!

Quatresous : il est plus vieux que moi. 😶

Auteure : et un autre concept a fait son chemin : vendre de tout à la fois. Plutôt que des galleries de boutiques spécialisées les une à côté des autres, comme ça se fait déjà dans l’immense bâtiment du Bazar Bonne-Nouvelle, on va inventer le rayon dans les années 1840. Enfin, à l’époque, on appelle ça un comptoir, tenu par une vendeuse.

Quatresous : j’ai voulu être vendeuse. On est nourries, logées au grenier du magasin, c’était tentant…

Fontaine : qu’est-ce qui vous en a empêchée?

Quatresous : il fallait parler aux clientes. Je n’ai jamais été douée à ça. 😅

Auteure : les grandes enseignes ont plus de trente comptoirs, avec notamment des tapis, des meubles, des articles de voyage, de la parfumerie, de la papeterie, des jouets, et surtout, des vêtements de confection! On essaye un vêtement avant de l’acheter, plutôt que de l’acheter sur patron. Bien sûr, il y a toujours des retouches, mais c’est une révolution qui s’appelle le prêt-à-porter.

Fontaine : ça ne change pas grand chose pour moi, je m’habille généralement en seconde main.

Mademoiselle Melusine : d’où vos vieux costumes trop larges?

Fontaine : c’est un style bohème, mademoiselle!

Auteure : alors, irez-vous Au Bon Marché rue de Sèvres, les Grands Magasins du Louvre rue de Rivoli, ou au Printemps boulevard Haussmann? Ces noms font rêver, non? 😉

Quatresous : je n’ai pas les moyens d’aller là. Pour mon budget, ce sera le Palais de la Nouveauté, rue de Clignancourt. En plus, ils font crédit, eux.

Auteure : vous voulez dire les Grands Magasins Dufayel? Ah, ils ne portent pas encore ce nom…

Fontaine : mais ils font crédit? Voilà encore un bon moyen pour se ruiner! 😒

Mademoiselle Melusine : vous dites ça uniquement parce qu’ils ne vendent pas de livres.

Auteure : eh bien… pas encore… 😉

Alors, on va le faire, ce petit tour dans les Grands Magasins de 1883? 😁

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