L’Express d’Orient : le parcours

C’est l’heure de remonter le temps et de continuer la visite de l’Express d’Orient! 😁

Aujourd’hui j’aimerais vous parler un peu du parcours du train. Mais je devrais dire plutôt les parcours! Parce qu’il y en a eu plusieurs, avec le temps.

Les rails du premier parcours de l’Express d’Orient, déjà, n’allaient pas jusqu’à Istanbul.

Non, ils n’avaient pas oublié de les mettre! 😉

Quatresous : c’est à cause d’un fleuve.

Auteure : eh oui, les wagons de luxe qui faisaient la renommée du train s’arrêtaient tout simplement au Danube, qu’ils ne pouvaient pas traverser. C’était un autre train qui prenait la suite… mais après ça ne s’arrangeait pas : la fin du voyage se faisait en bateau à travers la Mer Noire, depuis Varna (Roumanie) jusqu’à Istanbul.

Il faudra attendre 1889 pour que la ligne soit enfin complète. Le train, entier, bifurque alors à Budapest, vers le sud, afin de passer par la Serbie et la Bulgarie et enfin rejoindre sa destination! 🚂🚃🚃🚃

Fontaine : j’ai hâte de pouvoir prendre le train jusqu’au bout! Peut-être au cours de notre prochaine aventure…? 😉

Auteure : vous voulez dire en 1889? Je ne crois pas… j’ai des choses à vous faire faire à Paris. J’ai besoin de vous pour l’Exposition Universelle, vous savez!

Fontaine : 😅 bon, bon… ce n’est pas mal non plus. 😁

Auteure : et à partir de 1918, l’ouverture du tunnel de Simplon (entre la Suisse et l’Italie) permet à l’Orient Express d’effectuer un deuxième trajet, complètement différent, afin d’aller à Venise.

Fontaine : ooooh… Venise? 🤩

Quatresous : elle a dit en 1918. C’est plus de 30 ans après notre premier voyage en 1883…

Auteure : … ah mais vous avez raison, je m’égare. Nous, c’est le toute premier parcours qui nous intéresse. 😁

J’ai reconstitué ce dont l’horaire du train aurait pu avoir l’air pour Quatresous et ses amis : (avec les orthographes de l’époque!)

Bien sûr, chaque pays possède des voies spécifiques. Pour pouvoir rouler partout, les wagons de l’Orient Express adaptent leurs roues à l’écartement demandé. C’est une grande innovation technique pour l’époque!

Le seul inconvénient, c’est que le train ne peut pas rouler à la même vitesse partout. Sur les voies récentes, comme en France ou en Allemagne, le train va jusqu’à 80 km/h! Mais ailleurs, seulement la moitié de cette vitesse est recommandée.

Fontaine : et c’est tant mieux! On a plus le temps d’admirer des paysages inconnus, comme ça.

Barbara : par contre les locomotives ne s’adaptent pas et sont changées à chaque passage de frontière.

Fontaine : vous êtes spécialiste en mode et en train, vous maintenant? 🤔

Barbare : et en tant d’autres choses, si vous saviez. 😉

Auteure : le passage des douanes est facilité, car les douaniers montent dans le train au lieu de faire attendre les passagers pendant des heures. Vous pouvez passer la frontière tranquillement en savourant un café dans le wagon-restaurant, ou en dormant confortablement dans votre compartiment (mais dans ce cas-là, n’oubliez pas de laisser vos papiers au conducteur de votre wagon-lit).

Fontaine : c’est tellement plus pratique, ça! Et tellement moins oppressant.

Quatresous : ça dépend des fois… je n’étais pas très rassurée quand les douaniers nous ont inspectés à la douane allemande à Avricourt.

Barbara : c’était parce que c’était littéralement des loups policiers. 🐺

Fontaine : c’est bien beau tout ça, mais quand peut-on descendre pour se dégourdir les jambes?

Auteure : pendant les arrêts, s’ils ne sont pas trop courts. Certains ne durent que 3 minutes!

Fontaine : 😨

Auteure : mais d’autres sont plus longs, pour changer la locomotive, ou pendant les ravitaillements. L’Orient Express a besoin d’eau et de charbon pour sa locomotive! Et il prend également le courrier, et de délicieuses denrées locales pour sa cuisine. Là, vous pouvez marcher un peu sur le quai…

Fontaine : donnez-moi cet horaire, que je note les moments où je peux aller courir!

Et vous, vous avez aussi besoin de vous dégourdir les jambes en voyage? 😁

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Le Curieux Sujet : les Entre-Deux

Fontaine (journaliste enthousiaste au Curieux) : vous savez que Entre-Deux, c’est un terme des Alterï pour désigner quelqu’un qui n’est ni vraiment Alter, ni vraiment Commun?

Auteure : ah?

Fontaine : c’est Mademoiselle Melusine qui nous a tout expliqué dans une lettre très claire à ce sujet.

Quatresous (typographe prudente au Curieux) : je n’aurais pas été jusqu’à « très claire ». 🤨

Fontaine : tout de même! Attendez que je la retrouve… ah la voici. Donc… « mes très chers et curieux collaborateurs en enquêtes magiques »… ça c’est nous.

Quatresous : avancez un peu…

Fontaine : « à voir vos questions imprécises et votre orthographe approximative des termes de notre communauté, je devine votre confusion »… 😅 non, vous avez raison, je vais avancer un peu.

Quatresous : merci. 😌

Fontaine : ah, voilà ce que je cherchais! Les Communs sont « des êtres humains qui ne se doutent de rien ». Et les Alterï : « c’est simplement le mot latin pour « autres », comme les « Sorciers, vampires, loups-garous et autres métamorphes, anges de toutes confessions, fantômes et esprits, kobolds et autres lutins ». Voilà, c’est très facile!

Quatresous : continuez?

Fontaine : ensuite elle explique que les Alterï se cachent des Communs à cause des lois qui ont été établies du temps où on brûlait les sorcières. Ils vont même jusqu’à leur faire magiquement oublier des choses. Nous avons eu de la chance!

Quatresous : c’est parce qu’ils avaient besoin de nous. 😒

Fontaine : ou qu’ils nous faisaient confiance? Non vous avez raison, ils avaient besoin de nous. 🤔

Quatresous : il vaut mieux ne pas nous faire d’illusions…

Fontaine : oui, oui, enfin. Reprenons cette lettre! Donc, les gens à qui on laisse les souvenirs, sont des »Communs qui n’en sont plus tout à fait, des Entre-Deux. Non, monsieur Fontaine, cela ne se mange pas (enfin, sauf si votre voisin est un vampire peu scrupuleux) »… comment savait-elle que j’allais parler des entremets? 😮

Quatresous : je me demande, en effet. 😌

Fontaine : bon, bon, pour être bref, dans les Entre-deux il y a les enquêteurs comme nous, et les Chasseurs d’Alterï, qui sont tolérés parce qu’ils éliminent des sujets dangereux tout en étant hors de la politique interne des clans d’Alterï.

Quatresous : elle dit vraiment cela?

Fontaine : ah, pas aussi directement. Je paraphrase. Et je résume. Mais c’est là, je vous assure! 😁

Quatresous : je me disais aussi…

Fontaine : elle termine en disant que la vie des Entre-Deux n’est pas confortable, et elle vous conseille de continuer la magie, et de m’empêcher formellement d’en faire. Ah, ça! C’est un peu fort! 😕

Quatresous : vous avez tendance à provoquer des combustions spontanées, et nous vivons dans un grenier rempli de livres.

Fontaine : oui, oui, bon, je vous promets de faire attention. Mais voilà, les Alterï, les Communs, et les Entre-Deux sont expliqués!

Auteure : je n’aurais pas pu faire mieux moi-même.

Eh bien, il semblerait qu’il y a pire que de se sentir entre deux, c’est d’être un Entre-Deux!

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Où faire des bonnes affaires? (en 1883)

Imaginez. C’est un beau jeudi de mars, et c’est votre jour de sortie à Paris. Votre tenue d’après-midi est prête. Vous iriez bien faire un peu de lèche-vitrine… oui, mais où aller? 🤔

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : c’est une drôle d’expression, tout de même. Qui colle sa langue sur une vitrine?

Mademoiselle Melusine (une jeune fille de famille noble mais étrange) : je vous ai vu devant les librairies du boulevard Saint Michel. Heureusement que cette vitre existe.

Auteure : vous pourriez aller dans un passage couvert, ils existent depuis le début du 19e siècle! Il s’agit d’une rue piétonne entre deux immeubles, dotée d’un charmant plafond en verre qui laisse passer la lumière du jour tout en protégeant de la pluie.

Fontaine : ou d’autres choses qui tombent du haut des immeubles. Des gargouilles… des Quatresous…

Quatresous (une typographe d’ordinaire prudente) : ce n’est arrivé qu’une fois. Et c’était de Notre-Dame, pas de n’importe quel immeuble. 😌

Auteure : les magasins de ces rues ont des vitrines, ce sont les ancêtres des galeries marchandes! Figurez-vous qu’avant le 19e siècle, les magasins étaient des boutiques sans devantures, qui ne vendaient qu’un seul type de produit et où on n’entrait que si on voulait vraiment acheter. Les prix étaient négociables et très souvent à la tête du client…

Fontaine : certaines boutiques sont toujours comme ça…

Quatresous : et elles sont vouées à disparaître…

Auteure : effectivement, car les magasins « modernes » (depuis le début des années 1800!) pratiquent un nouveau concept, celui de l’entrée libre. On peut visiter sans acheter! Et à présent les prix sont fixes et affichés.

Quatresous : ça m’arrange. je suis mauvaise en marchandage.

Fontaine : moi j’adore ça! Heureusement qu’on peut encore le faire sur les marchés!

Auteure : ces magasins pratiquaient déjà les soldes. L’idée et de vendre peu cher, avec peu de marge, mais vendre beaucoup. Et ils publiaient déjà des catalogues de publicités dont le plus vieux remonte à 1844!

Quatresous : il est plus vieux que moi. 😶

Auteure : et un autre concept a fait son chemin : vendre de tout à la fois. Plutôt que des galleries de boutiques spécialisées les une à côté des autres, comme ça se fait déjà dans l’immense bâtiment du Bazar Bonne-Nouvelle, on va inventer le rayon dans les années 1840. Enfin, à l’époque, on appelle ça un comptoir, tenu par une vendeuse.

Quatresous : j’ai voulu être vendeuse. On est nourries, logées au grenier du magasin, c’était tentant…

Fontaine : qu’est-ce qui vous en a empêchée?

Quatresous : il fallait parler aux clientes. Je n’ai jamais été douée à ça. 😅

Auteure : les grandes enseignes ont plus de trente comptoirs, avec notamment des tapis, des meubles, des articles de voyage, de la parfumerie, de la papeterie, des jouets, et surtout, des vêtements de confection! On essaye un vêtement avant de l’acheter, plutôt que de l’acheter sur patron. Bien sûr, il y a toujours des retouches, mais c’est une révolution qui s’appelle le prêt-à-porter.

Fontaine : ça ne change pas grand chose pour moi, je m’habille généralement en seconde main.

Mademoiselle Melusine : d’où vos vieux costumes trop larges?

Fontaine : c’est un style bohème, mademoiselle!

Auteure : alors, irez-vous Au Bon Marché rue de Sèvres, les Grands Magasins du Louvre rue de Rivoli, ou au Printemps boulevard Haussmann? Ces noms font rêver, non? 😉

Quatresous : je n’ai pas les moyens d’aller là. Pour mon budget, ce sera le Palais de la Nouveauté, rue de Clignancourt. En plus, ils font crédit, eux.

Auteure : vous voulez dire les Grands Magasins Dufayel? Ah, ils ne portent pas encore ce nom…

Fontaine : mais ils font crédit? Voilà encore un bon moyen pour se ruiner! 😒

Mademoiselle Melusine : vous dites ça uniquement parce qu’ils ne vendent pas de livres.

Auteure : eh bien… pas encore… 😉

Alors, on va le faire, ce petit tour dans les Grands Magasins de 1883? 😁

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Le Curieux Sujet : Paris au 19e siècle

Paris au 19e siècle! La Belle Époque! Les impressionnistes, Victor Hugo, Baudelaire, les expositions universelles! Ca fait rêver, non? 🤩

C’est bien pour cela que j’ai choisi ce cadre pour les Alterï! Non seulement la société changeait, mais les innovations techniques semblaient alors infinies! il n’y a qu’à demander à Fontaine et Quatresous ce qu’ils en pensent!

Fontaine (journaliste enthousiaste au Curieux) : bonjour! Bonjour, bonjour! 😁

Quatresous (typographe prudente au Curieux) : bonjour…

Fontaine : en effet, nous connaissons bien Paris, Quatresous et moi. Surtout Quatresous, elle est née là!

Quatresous : oui…

Auteure : nous brûlons d’impatience! Comment est Paris dans les années 1880?

Quatresous : … c’est… différent? Pas seulement à cause de la magie. La ville a changé depuis mon enfance. Quand je suis née, Paris était encore médiéval. Vous auriez vu certains immeubles…

Fontaine : oh je m’en souviens! 😱 Moisis, décrépis, tombant en morceaux! Avec mes camarades de classe, nous nous mettions au défi d’y entrer, au risque de nous blesser, d’attraper une pneumonie, d’être agressés par des voleurs ou pire, de perdre nos livres!

Quatresous : le baron Haussmann a tout démoli. Maintenant, Paris a des grandes rues bien dégagées. C’est plus propre, plus moderne. Plus… comme dire… géométrique.

Fontaine : et il y a beaucoup moins de possibilités de monter des barricades en cas de désaccord avec le gouvernement en place… 🤔

Auteure : aimez-vous toujours ce Paris?

Quatresous : c’est ma ville. J’aime son atmophère à dix heures du matin, claire, fraîche et presque piquante. Du moins, lorsque l’on est loin des usines.

Fontaine : ou du quartier des tanneurs, à Croulebarbe. En parlant de rue, j’aime aussi le reste de folie médiévale dans certaine rues. Mon ami Joubert m’a appris, par exemple, que la rue du Dragon est nommée d’après la cour du Dragon, qui est nommée d’après une moulure de dragon qui se trouve rue de Rennes et qui est là à cause de la rue Sainte-Marguerite, car Sainte-Marguerite a été mangée par un dragon et elle en est sortie vivante. Et la rue Sainte-Marguerite est la rue Gozlin, maintenant!

Auteure : je n’aurais pas pu l’inventer. Une dernière chose : que pensez-vous du projet de Mr Eiffel pour l’exposition universelle de 1889?

Quatresous : oh non. 😓

Fontaine : 😡 cette horrible tour d’allumettes en ferraille! C’est hideux, et dangereux, et si ça s’effondrait sur les immeubles voisins, hein? Et c’est censé être le symbole de Paris pour l’Exposition Universelle? Jamais, vous m’entendez, jamais cette Tour Eiffel ne sera acceptée à Paris!

Quatresous : fuyez. Maintenant qu’il est lancé, il en a pour des heures.

Auteure : ah, je suis désolée! 😅 Bonne chance pour le faire taire!

Ah, si nous pouvions remonter le temps, et voir tout cela nous-même! On le peut, un peu… dans les pages des livres, ou dans les films. C’est déjà ça!

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Orient-Express : les wagons-lits

Les Wagons-lits de l’Orient Express en 1883

(source image : La compagnie des Wagons-Lits, Histoire des véhicules ferroviaires de luxe, Gérard Coudert, Maurice Knepper et Pierre-Yves Toussinot, Ed. La vie du rail, 2009)

Si le wagon-restaurant est le lieu principal de rencontre pour mes personnages, les wagons-lits (aussi appelés « sleeping-cars ») sont le théâtre de scènes plus tranquilles, mais aussi de moments terrifiants.

Continuons donc notre visite de l’Express d’Orient en 1883 avec Edmond About et M. de Blowitz, deux auteurs qui ont relaté leur expérience dans le train de luxe, respectivement dans De Pontoise à Stamboul et Une Course à Constantinople, tout deux publiés en 1884.

Pour Edmond About, les wagons de la CIWL sont des « maisons roulantes, longues de dix-sept mètres et demi, construites en bois de teck et en cristal, chauffées à la vapeur, brillamment éclairées au gaz, largement aérées et aussi confortables pour le moins qu’un riche appartement de Paris ».

Les compartiments

Les wagons-lits en 1883 comportent 7 compartiments, avec des lits numérotés de 1 à 20.

Entre les compartiments 2 et 3, et les compartiments 5 et 6, il se trouve une porte communicante qui peut être verrouillée de chaque côté.

Edmond About décrit le compartiment :

« La chambre, nette et luisante comme un sou neuf, n’a pas reçu une seule couche de peinture, par l’excellente raison qu’elle est boisée de haut en bas. Le matelas et l’oreiller sont juste à point, ni trop mous, ni trop durs ; les draps, qu’on change tous les jours par un raffinement inconnu dans les maisons les plus riches, exhalent une fine odeur de lessive. »

(source de l’image : L’Illustration, 7 juin 1884)

On distingue sur les images la tablette centrale qui sert à poser des tasses, ou à écrire. La petite grille juste au-dessus de la fenêtre est une ventilation. Il y a également un filet tout en haut pour poser les bagages au-dessus des fenêtres.

L’ambiance la nuit est confortable, feutrée, et rassurant à la lumière d’une lampe à gaz qui « brillait discrètement à travers une épaisseur de soie verte. »

M. de Blowitz, lui, trouve que ces voitures sont « spacieuses et confortables. On s’y étend à son aise, même en ayant une taille beaucoup plus haute que la [s]ienne. Le bruit assourdi des roues, à travers les portes fermées et les rideaux tirés, arrive à peine comme une mélopée vague et monotone à l’oreille du dormeur, et lui sert de berceuse. »

Le cabinet de toilette

(source de l’image : L’Illustration, 7 juin 1884)

Les cabinets de toilette, à chaque bout de chaque wagon-lit, sont selon M. About « installés avec luxe, amplement pourvus de savon, d’eau chaude et d’eau fraîche, et maintenus dans un état d’irréprochable propreté par les valets de chambres. » Ils ont, néanmoins, le défaut de n’être que deux pour vingt personnes : « Nous sommes donc obligés, le matin, de nous attendre les uns les autres et quelques fois assez longtemps. » C’est tout de même une révolution pour le voyage ferroviaire : à l’époque les trains ne possèdent pas de cabinet du tout, et les voyageurs font la course sur les quais à chaque arrêt à la recherche des commodités dans les gares…

Eh bien, ça devait être bien confortable, tout de même… petit, mais confortable! Placer mes 39 voyageurs dans ces wagons était un peu compliqué (il fallait garder un oeil sur où se trouvait tout le monde) mais très amusant!

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Le Curieux Sujet : Mademoiselle Melusine

Je vous parlais l’autre jour des loup-garous dans le folklore.

Pour rester en thème, encore une fois, je voudrais vous présenter quelqu’un qui est peut-être loup-garou… ou non… en tout cas, il s’agit de Mademoiselle Melusine Schaefer. Bonsoir, Mademoiselle Schaefer!

Mademoiselle Melusine (une jeune femme pâle et posée) : bonjour. 😒

Auteure : donc, vous êtes bien une Alter?

Mademoiselle Melusine : peut-être. Mon cas est compliqué. Probablement, si on suit une définition stricte de « non Commun ».

Auteure: vous n’êtes certainement pas Commune. Il paraît qu’il y a des loups-garous dans votre famille!

Mademoiselle Melusine : Le terme est « métamorphe ». Tous les métamorphes ne sont pas des loups.

Auteure : oh, veuillez m’excuser. Donc, il y a des métamorphes…?

Mademoiselle Melusine : je vais vous décevoir, mais je ne me transforme en rien. En revanche, ma mère a été assez souvent qualifiée de « harpie aux dents longues ». Tirez-en les conclusions que vous voulez. 😒

Auteure : je… vois. Mais si vous pouviez vous transformer en quelque chose, qu’est-ce que ce serait?

Mademoiselle Melusine : quelque chose de rapide et qui n’a pas besoin de répondre à des questions, sans doute.

Auteure : parlons d’un sujet plus facile. Vous avez une fascination pour la médecine?

Mademoiselle Melusine : peut-être. 😒

Auteure : comment ça, peut-être?

Mademoiselle Melusine : j’aime les faits, c’est un fait. J’aime connaître l’anatomie et comment les corps fonctionnent. Je suis fascinée par les maladies, les blessures, leurs causes et leur conséquences.

Auteure : disons, par exemple, la façon dont les métamorphes changent sous l’impulsion de la magie…?

Mademoiselle Melusine : vous êtes pire que Fontaine, vous savez? Et il est journaliste.

Auteure : oh, merci! 😁

Mademoiselle Melusine : 😒

Auteure : 😶

Mademoiselle Melusine : soit. Cela en fait partie, si cela vous fait plaisir. Pour un docteur en recherche, je suppose. Pour ce qui est de la « médecine », je ne suis pas encore certaine d’aimer soigner les gens.

Auteure : ah oui, cette partie-là…

Mademoiselle Melusine : néanmoins, il y a si peu de femmes médecins que c’est presque tentant de le faire quand même. Sans compter que ma famille (qui n’est en aucun cas une famille de métamorphes qui se cacherait des humains à tout prix) serait profondément choquée si je choisissais cette carrière.

Auteure : je suis sûre que vous trouverez votre voie! En tout cas, bonne chance avec vos études et votre famille, et merci encore pour vos réponses.

Eh bien, on dirait que finalement, les pouvoirs de Mademoiselle Melusine sont plus de l’ordre du cynisme et de l’obstination. Mais je suis sûre qu’elle ira loin et qu’elle deviendra ce qu’elle veut! 😉

Et vous, si vous pouviez vous transformer en ce que vous voulez, qu’est-ce que ce serait?

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Orient-Express : le train


L’Express d’Orient, mieux connu sous son nom international Orient Express, est la première ligne traversant l’Europe de Paris à Constantinople (Istanbul) sans changement de train ou étape obligatoire dans un restaurant ou un hôtel. Du moins, il le sera en 1889. En 1883, il faut encore débarquer deux fois : à Giurgewo (Giurgiu, en Roumanie) pour traverser le Danube, puis à Varna (en Bulgarie) pour traverser la Mer Noire.

Néanmoins, pour la plus grande partie de son trajet, c’est un véritable appartement roulant qui offre la pointe du confort disponible à l’époque. Si ce ne sont pas encore les  magnifiques voitures Pullman plus connues des années 1930, le train est déjà un bijou de luxe et de raffinement, depuis le service des wagons-lits jusqu’au restaurant, bien qu’il soit encore majoritairement construit en bois.

Le train n’a pas encore de salons de jour, les voyageurs ne peuvent réserver qu’un compartiment avec couchette. Il roule avec une configuration assez courte : une locomotive (qui change à chaque passage de frontière), son tender (réserve de charbon pour la locomotive), un fourgon à bagages, deux wagons-lits, un wagon-restaurant, et un autre fourgon pour la réserve du restaurant en plus des bagages. Il fait environ 75m de long. 

Le train est chauffé à la vapeur, et éclairé au gaz, mais le passage entre les wagons n’est pas entièrement couvert : on passe d’une plate-forme (aux deux extrémités de chaque wagon) à une autre par une passerelle.

Chaque wagon-lit peut accueillir 20 voyageurs, répartis en compartiments munis de couchettes superposées : 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits. Les compartiments de deux lits sont reliés par paires, grâce à des portes intérieures. Il n’y a pas encore de cabinet de toilette entre chaque compartiment comme il y en aura plus tard, mais chaque wagon-lit est muni d’un cabinet de toilette (muni d’eau chaude!) à chacune de ses extrémités. Le conducteur du wagon (qui ne conduit pas le train! 🙃 ) est la personne à qui vous adresser si vous avez besoin d’une bouteille d’eau ou d’une couverture supplémentaire, stockés dans une armoire. Les wagons-lits sont fermés à clef pendant la nuit.

Les plafonds des wagons sont arrondis, et décorés de frises ou de motifs floraux. Dans le restaurant, des miroirs énormes sont posés sur les cloisons de séparation afin de refléter la décoration tout en agrandissant l’espace. Le reste des murs est recouvert de tapisseries des Gobelins. Les rideaux des fenêtres s’enroulent au-dessus des vitres, et sont eux aussi ornés de motifs végétaux. Au-dessus des fenêtres courent des portes-bagages grillagés, comme une longue étagère ajourée.

Si la cuisine est un tout petit espace dans le wagon-restaurant dans lequel on peut à peine bouger entre l’énorme fourneau, l’espace lavage, et les ustensiles accrochés jusqu’au plafond, cela n’entrave aucunement le talent du chef. Les menus s’agrémentent des produits locaux des villes que le train traverse. Les plats sont servis dans de la vaisselle fine, sur des tables lourdes qui restent stables en toute circonstances.

Petit détail original, le salon pour dames (qui fait partie du wagon-restaurant) possède une banquette en « U » le long d’un côté du wagon. Le fumoir, à six places, fait également office de salon de lecture : il comporte une petite bibliothèque garnie d’une trentaine de livres, de journaux, de jeux de cartes et de dominos et de tout ce qu’il faut pour écrire.

L’un des défis techniques d’un train international réside à l’époque dans la largeur des rails, qui est différente dans chaque pays. Le wagons sont donc équipés d’essieux qui pouvaient s’adapter. Cela influence sur la vitesse du train : il peut aller jusqu’à 80 km/h sur les voies françaises et allemandes (ce qui est très rapide pour l’époque!), mais d’autres voies le limitent à 40 km/h.

La traversée des montagnes pose également quelques difficultés. Afin de pouvoir tirer le poids du train dans les montées des Carpates, une machine de renfort était ajoutée  à la locomotive.

Je cherchais un voyage en train qui soit très évocateur. L’Orient-Express est le premier train international qui allait si loin à travers Europe sur une ligne directe. J’ai trouvé ça très inspirant comme base pour un roman fantastique à la découverte de gens plutôt différents. On connaît surtout la version du train des années 1930 (on pense à Agatha Christie, qui prenait régulièrement cette ligne…) mais j’ai préféré la toute première version du train, plus empreinte de nouveauté et découverte de l’inconnu. 😊

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Le Curieux Sujet : la romance?

Aimez-vous la romance? Ma question peut vous sembler étrange, parce que vous avez peut-être remarqué qu’il n’y a pas de romance dans mes livres! Du coup, vous vous demandez peut-être pourquoi. Je vais laisser mes personnages vous expliquer cela…

Fontaine : bonjour, bonjour! 😁

Quatresous : bonjour…

Auteure : j’ai une question pour vous, que l’on m’a posée plusieurs fois. Est-ce que vous pensez qu’il pourrait y avoir une romance entre vous?

Quatresous : 🙄 pas encore cette question. Nous passons notre temps à courir pour attraper des fantômes ou pour échapper à des monstres, nous n’avons pas de temps pour des histoires d’amour. Et puis, vous ne savez même pas les écrire, les romances.

Auteure : oui, enfin… non, vous avez raison, je ne sais pas écrire de romances. J’ai essayé une fois, et ça s’est plutôt mal fini, surtout pour eux… 😅

Quatresous : exactement. Nous sommes suffisamment en danger comme cela.

Auteure : eh bien, vous vivez dans le même appartement… je pense qu’on serait d’accord avec moi, ça pourrait faire penser…

Quatresous : non. Nous nous entendons comme frère et soeur. Si j’avais prévu de me marier, je ne serais pas restée domestique pour les Desmilliers si longtemps. Et puis, tout le monde sait que le véritable amour de Fontaine, ce sont les livres.

Fontaine : je ne vois pas pourquoi vous dites ça. J’en ai à peine… voyons… en comptant les dernières caisses que j’ai ramenées de ce vide-grenier, j’atteins à peine les 6000… Oh, et il y a les journaux, je ne sais pas si ça compte, ça ne compte pas, n’est-ce pas?

Quatresous : vous voyez ce que je veux dire? Cela m’est égal ce que les gens pensent.

Auteure : donc, ce que vous dites, c’est que rien n’arrivera dans les livres, mais les gens peuvent imaginer ce qu’ils veulent?

Quatresous : 😶

Fontaine : moi, vous savez, en tant que journaliste, je suis pour la liberté d’expression. 😁 Cela peut être très amusant à lire!

Auteure : je n’aurais jamais dû vous montrer ce qu’était une fanfiction…

Voilà, vous savez à présent pourquoi je n’écris pas de romance… c’est que je ne sais pas les écrire. 😅

Mais est-ce que vous trouvez que ça manque? Est-ce que vous en voudriez au moins un tout petit peu? Ou bien est-ce que c’est très bien comme ça (surtout sachant que ce n’est pas mon point fort…)? Qu’en pensez-vous?

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Croissant ou baguette?

Mais où donc un petit déjeuner pouvait bien coûter si cher??

Eh bien, dans l’Orient-Express, le train de luxe où il fallait absolument être vu. En octobre 1883, un petit déjeuner y coûtait 1,50 francs, soit plus d’une journée de travail pour une domestique comme Quatresous!

Mais que mangeaient-ils donc de si formidable?!

Et bien, pratiquement la même chose que nous aujourd’hui! Depuis le 18e siècle, en France, on prend le matin une boisson chaude (café au lait, chocolat chaud ou thé), accompagné de tartines grillées ou de viennoiseries, avec du beurre. Et, éventuellement, il y a des fruits provenant directement des pays traversés par le train.

Fontaine (un journaliste enthousiaste) : ça, c’est bien pour les riches! Nous, à Paris, on déjeune à la baguette bon marché trempée dans du café.

Quatresous (une typographe prudente) : et on a pu voir que dans les campagnes, c’est baguette trempée dans de la soupe au vin. Quelque fois avec pas trop de soupe…

Fontaine : bref, dans l’Orient-Express, on paie le service et la vaisselle?

Quatresous : non, il faut reconnaître que les produits sont de qualité… mais oui, la vaisselle aussi.

Et vous, vous prenez quoi au petit déjeuner? 🥐☕🍞🧈 Dites-moi tout dans les commentaires!

Pas de cadeaux pour toi!

Figurez-vous que l’origine des étrennes remonte à la Rome antique, et que le mot « étrennes » serait dérivé de « Strena », du nom de la déesse de la santé. Les Romains, qui avaient bien compris que le sucre c’est la vie, s’offraient le jour du nouvel an des figues, des dates, du miel, soit plein de douceurs qui symbolisaient toutes les bonnes choses qu’ils souhaitaient voir arriver dans l’année à venir. 😊

Mais voilà, comme il s’agissait d’une coutume païenne, pas question d’avoir cela associé à une fête religieuse chrétienne. Noël, c’est la naissance du Christ, et rien d’autre. Non mais.

Mais les coutumes sont tenaces. En plus, à la fin du 19e siècle, c’est le plein essor de l’ère industrielle, et les grands magasins débordent de choses à vendre : des nouveautés, des jouets, des vêtements… et les Etrennes, c’est l’occasion parfaite, surtout pour les enfants. Une poupée, un polichinelle, un train à roulettes ; chaque année les catalogues illustrés montrent ce qui se fait de mieux, et à prix modique, en plus. Exactement comme ceux d’aujourd’hui, mais sans l’étiquette « Noël ».

Alors finalement, quel sera le déclic ?

Eh bien, une étrange transformation. Celle d’une tradition germanique, d’un certain Saint Nicolas (Saint Nikolaus), qui apporte des gâteaux et friandises aux enfants sages, alors que le Père Fouettard apporte un morceau de charbon aux enfants désobéissants. Il passe le 6 décembre, initialement, mais en plissant un peu les yeux… 😝

Et voilà ! Une importation dans le melting-pot américain plus tard, Saint Nicolas devient Santa Claus 🎅 et hop ! Un consensus se fait, une sorte de moyenne entre le 6 décembre et le 1er janvier. Au 20e siècle, cette version est adoptée dans le monde entier, le Père Noël peut enfin prendre du service, et apporter les cadeaux le 25 décembre.

Alors, ça vaut le coup d’être sage toute l’année, non? 😜

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