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Chapitre 14 de l’Express d’Orient!

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Une main hirsute d’où pointaient des griffes noires déchira le rideau. Deux yeux jaunes nous scrutaient, perdus au milieu d’un visage allongé qui prenait la forme d’un museau. Des crocs s’allongeaient, menaçants.

Je réalisai soudainement que nous avions obtenu la vérité… c’était l’un des loups…

 

Que vous aimiez les trains, la magie ou les loups-garous : le chapitre 14 est disponible sur Plumarum! Je vous souhaite une excellente lecture! 🙂

1883 à bord de l’Express d’Orient : Mademoiselle Melusine

Mademoiselle Melusine est un personnage très mystérieux qui a encore beaucoup à révéler, mais quelques indices dans le roman suggèrent déjà une partie de son histoire, à travers l’Histoire.

« — Le lieu de ma naissance se trouve peut-être aujourd’hui en Allemagne, dit-elle, mais je ne suis pas vraiment une Alter. »  (chapitre 9)

Melusine Schaefer est née le 31 octobre 1863 à Louperhouse en Moselle, alors un département de la Lorraine. Elle est la fille de Narcissa Roussault et Karl Schaefer. Elle a un grand frère, Tristram, qui a presque 4 ans de plus qu’elle. Appartenant à une famille d’Alterï sans être vraiment une Alter, Melusine grandit entre deux mondes.

En juillet 1870, le gouvernement français craint l’expansion de la Prusse et l’unification des royaumes allemands, qu’elle voit comme des menaces à sa puissance. La France déclare la guerre à la Prusse, mais la coalition allemande se mobilise plus rapidement. Les Prussiens annexent le nord-est du pays, progressent vers Paris, et finalement gagnent la guerre. Le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé, la France cédant officiellement une partie de l’Alsace et de la Lorraine au vainqueur. Renforcé par l’issue du conflit, l’Empire Allemand est formé.

« — La douane est à la frontière, à Avricourt plus exactement. Je devrais plutôt dire « aux Avricourts », puisque c’est cette gare que les Allemands ont coupé en deux, comme ça, sans remords. » (chapitre 6)

Les habitants d’Alsace et de Lorraine ont alors le choix : soit rester sur place et devenir allemands, soit fuir et s’installer en France. Après la disparition de son mari, Narcissa Schaefer choisit d’emmener ses deux enfants et de s’installer près de Paris, à St-Leu-Taverny, où elle a de la famille.

Néanmoins, les liens germaniques de la famille sont un obstacle à leur intégration. L’esprit anti-allemand qui règne en France après 1871 mène la vie dure aux Schaefer, et Narcissa, Tristram comme Melusine se referment sur eux-mêmes afin de trouver la force de supporter leur situation difficile. Pour Tristram, ce sera la musique. Pour Melusine, ce sera une fascination pour le monde médical et les morts violentes.

L’ascension fulgurante de Tristram en tant que jeune violoniste virtuose au début des années 1880 est un retour de chance inespéré pour Narcissa, qui retrouve enfin les cercles sociaux dont elle avait l’habitude. Les préoccupations plus macabres que sociales de Melusine, en revanche, créent une distance et une incompréhension entre la mère et la fille.

L’apparence générale de Mademoiselle Melusine m’a été inspirée par les tableaux de Jacques-Joseph Tissot (1836-1902), un peintre français installé à Londres sous le nom de James Tissot, en particulier Octobre 02 (1877) :

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(source de l’image : Wikipédia)

Chapitre 11 de l’Express d’Orient

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Le chapitre 11 de 1883 : à bord de l’Express d’Orient est disponible sur Plumarum ! En voici un petit avant-goût :

La porte derrière moi s’effondra, faisant place à une silhouette affreuse, squelettique, aux cheveux de feu et à la peau carbonisée. Je crus tout d’abord que c’était Madame, ou bien Mademoiselle Melusine, mais réalisai que les cheveux de la créature, qui se mélangeaient aux flammes, étaient roux. Ses yeux, seule partie intacte de son visage, étaient vieux, anciens, terriblement anciens…

David

La créature tendit le bras vers moi. Elle posa sa main sur mon épaule et j’explosai immédiatement en cendres avec elle.

Je vous souhaite une excellente lecture! 🙂

Le Fil des Pages : Tsyeloth

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Tsyeloth

La cité cosmopolite, mégalopole du désert où toutes les cultures, les religions et les langues se rencontrent. L’idée était de rappeler la tour de Babel, sans les points négatifs.

Les premières versions du texte comprenaient une très longue exposition sur l’origine de Tsyeloth. Lorsque j’ai appris à éditer un texte, tout cela est devenu superficiel, puisque cela ne servait pas du tout l’action. Voici le texte qui a été coupé :

Tsyeloth d’ailleurs était bâtie sur une aberration. Située tout à fait au sud de Garranha, elle se trouvait sur un terrain qui avait été il y avait bien longtemps une terre désertique. On n’y trouvait à cette époque que des rochers épars qui jaillissaient du sol, certains érigés comme des arbres de pierres, d’autres plats et posés en succession sur le sol comme s’ils s’étaient brisés et éparpillés en tombant. Les plaines herbeuses se terminaient bien plus au nord à cette époque, et aucun lac ni aucune rivière ne fournissait d’eau d’ici des kilomètres. On n’y trouvait pas la moindre oasis, et pas même les caravanes nomades des Shukmah, les créatures des sables, ne s’y aventuraient. De l’Ouest soufflaient des rafales de vents qui venaient de la steppe de Sürhe’st, et du sud-est s’insinuait le vent chaud et lourd du désert de Désert. Personne en pleine possession de ses moyens intellectuels n’aurait eu l’idée d’y installer le moindre campement. Et pourtant, c’est là que dans un recoin de terre sableuse, protégée des vents par la falaise de Jaal-Daar, Tsyeloth a émergé des entrailles de la terre.

Les grandes histoires commencent toujours par une coïncidence invraisemblable. Une caravane de Shukmah, dirigée par le Shaman Mvua Mtafiti, s’était égarée vers l’est, et s’était abritée d’une tempête au pied de Jaal-Daar. Ils étaient à court d’eau et bientôt privés de vivres, aussi leur Shaman entreprit la prière des cas désespérés, prière qui comportait beaucoup d’improvisations sur un thème central : taper en rythme de toutes ses forces sur tout ce qui lui tombait entre les mains (principalement des colliers en ossements qui donnaient des sonorités caverneuses contre la poitrine du Shaman), tout en poussant des cris de lamentation à faire fuir tous les animaux à la ronde (on ne savait jamais à quelle distance un dieu pouvait se trouver au moment où on avait besoin de lui aussi mieux valait miser sur le spectaculaire pour attirer son attention). Le dieu des Shukmah devait avoir fort heureusement une oreille qui traînait dans le coin, car bientôt le sol se mit à trembler sous les pieds du Shaman, puis sous les pieds de tous les autres membres de la caravane. Bien heureusement, même les non initiés à la communication avec les dieux eurent la présence d’esprit d’interpréter le message divin comme une injonction immédiate à s’éloigner en courant le plus vite qu’ils pouvaient. A peine eurent-ils le temps de se mettre à l’abri qu’un immense geyser d’eau explosa, projetant des torrents de boue aux alentours, ainsi que des rochers, et Svadilfari le Kaarnske du clan des Gravatt.

Cette rencontre entre deux peuples séparés par près de 6000 kms, dans un endroit stérile où personne ne s’aventurait jamais, était donc hautement improbable, et donc inévitable et prometteuse. Une fois la stupeur passée et tous les rochers retombés, les représentants diplomatiques involontaires des Shukmah et des Kaarnske, selon un protocole qui a perduré jusqu’à aujourd’hui, passèrent en revue toutes les stratégies envisageables avant de se mettre d’accord. Svadilfari tenta d’abord d’empêcher les Shukmah de se servir de son eau gratuitement, décision refusée à l’unanimité par les Shukmah, qui tentèrent de faire taire le Kaarnske à coups d’os de buffle soigneusement appliqués sur le crâne. Quelques coups de hache dans les pieds des Shukmah plus tard, ceux-ci décidèrent de proposer des babioles à Svadilfari en échange du précieux liquide. S’ensuivit une longue discussion sur les taux monétaires et la valeur des marchandises, mais le résultat fut accepté par les deux parties et le premier poste de commerce entre les Shukmah et les Kaarnske était né.

Sterna considérait que c’était la création de Tsyeloth par deux peuples si opposés qui en avait posé les bases politiques, car les Shukmah proclamaient toujours que c’était leur dieu qui avait fait jaillir l’eau dans le désert, alors que les Kaarnske assuraient fermement à tout le monde que c’était leur dieu qui avait provoqué les éboulements qui avaient conduit au détournement massif de la rivière souterraine. Cela instaura dès le début une certaine liberté de culte, permettant à tous les dieux susceptibles d’avoir contribué à la croissance de la cité d’installer librement leurs temples dans les rues. Pour être reconnue religion officielle de Tsyeloth, il suffisait de prouver que la divinité lui était bénéfique. La cité était gouvernée par un comité de représentants de tous les groupes considérant qu’ils avaient besoin d’être représentés à la tête de la ville, et dont le président était réélu tous les quatre ans (la date étant judicieusement choisie par l’ensemble du comité afin de s’assurer qu’aucun président n’aurait le temps de faire trop de dégâts pendant son mandat).

Si on me posait la question, son nom se prononcerait plus ou moins « t’saye-loss ».

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Extrait de L’Île de la Groac’h : Au Matin

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AU MATIN

Lorsqu’Azura se réveilla, la pièce était plongée dans la pénombre. La tenture qui isolait son lit avait été repoussée, et des rectangles faiblement luminescents apparaissaient ici et là, trahissant la présence de fenêtres que la nuit avait cachées la veille. Azura contempla les rectangles brumeux pendant un moment, puis laissa son regard, à présent habitué à la pénombre, glisser sur le reste de la pièce. Tous les objets étaient eux aussi tournés vers les rectangles, comme dans une communion silencieuse dédiée au jour levant. Elle se sentait en sécurité. Aucune Ombre n’entrait dans la maison de Guérin.

Des chuchotements montèrent du côté de la cheminée.
— Tu entends ça ? disait la voix de Noël-Mari.
— Bien sûr que j’entends ça, répondait celle d’Éléon.
— Tu crois que c’est un fantôme ?
— Peut-être. Attends…
Silence.
— Je crois que j’entends de la vaisselle, reprit la voix d’Éléon. Si c’est un fantôme, peut-être qu’il nous prépare un petit-déjeuner.
Azura se demanda si on pouvait partager un repas avec un fantôme, en demandant poliment. Sauf si bien sûr, les fantômes ne mangeaient que de la nourriture fantôme, qui ne devait pas être si nourrissante que ça.
— Tu crois qu’on devrait aller voir ? demanda Noël-Mari d’une voix tremblante.
— Je vais y aller. Couvre mes arrières. Si je ne reviens pas, toi et Azura, vous aurez le temps de fuir.

Il y eut un bruit de tissus lourds qui traînaient sur le sol. Azura n’entendit plus rien, mais elle devina un mouvement dans la pénombre.
La porte qui menait à côté fut entrouverte, et l’ombre des cheveux d’Éléon se découpa contre une pâle clarté qui venait de l’autre partie de la maison.
Il y eut une conversation étouffée et Éléon se glissa dans l’autre pièce. D’autres bruits de tissus vinrent de la cheminée, et la silhouette de Noël-Mari se glissa à son tour par l’ouverture. Azura hésita un instant entre quitter le nid douillet qu’elle avait creusé dans le lit et la perspective de voir un fantôme cuisiner. Elle repoussa ses couvertures, s’assit sur le lit pour remettre ses bottes de marche afin de ne pas avoir froid aux pieds. Elle enfila son pull bien chaud par-dessus son pyjama puis suivit Éléon et Noël-Mari à travers l’ouverture.

Il n’y avait personne dans la pièce avec le bahut et l’armoire, mais une autre porte, qu’Azura avait complètement manquée la nuit précédente, était grande ouverte. Il y eut un bruit de vaisselle cassée. Lorsqu’Azura entra dans la seconde pièce, Éléon et Guérin disposaient des bols, des bouteilles, et du pain sur une table en longueur, dans une cuisine rustique mais accueillante. Tout était peint en blanc ; ou plutôt, tout avait été peint en blanc quelques années auparavant mais les rainures du bois gris se laissaient deviner sous la peinture usée. Il n’y avait aucune place pour les Ombres ici.

Noël-Mari était assis sagement, ramassant des morceaux de porcelaine blanche. Pas de fantômes en vue. Azura aimait autant ça. Elle ne savait pas mieux interagir avec un fantôme qu’avec d’autres êtres humains.
— J’t’ai pas réveillée, au moins ? Pardon…
Noël-Mari rougit un peu et essaya de ramasser plus de morceaux à la fois sans se couper les doigts.
— J’étais réveillée, assura Azura.
Éléon lui désigna un petit banc, et Azura supposa qu’il l’invitait à s’asseoir, ce qu’elle fit. Éléon posa un bol devant elle, et coupa des tranches de pain. Guérin servit du café chaud qui fumait dans l’air frais du matin. L’odeur qui se dégageait du café était tellement concentrée qu’Azura sursauta, parfaitement éveillée, quand son bol fut rempli. C’était un café à réveiller les morts.
— J’ai bien réfléchi à cette histoire de grotte à ouvrir, annonça Éléon en tartinant une tranche de pain avec du beurre. J’y ai pensé toute la nuit, en fait.
— Moi j’ai dormi profondément, annonça Azura en ne s’adressant à personne en particulier, mais j’ai fait un drôle de rêve.
— La Grotte de l’Ombre est une Grotte Magique, continua Éléon sur sa lancée. Elle s’ouvre sous certaines conditions, mais ça reste une porte, n’est-ce pas ? La situation, quand on la simplifie, c’est que les Ombres sont enfermées dehors parce qu’elles ont perdu leurs clefs. Que fait-on quand on a perdu ses clefs ?
— On passe par la porte de derrière, dit Noël-Mari.
— Je pense que s’il y avait une porte de derrière qui était ouverte, les Ombres l’auraient trouvée, dit Éléon. Quoi d’autre ?
— On appelle un serrurier, dit Azura.
— C’est ce qui a été fait ! Les mages, les experts, ils ont tous essayé d’ouvrir la porte, mais ça n’a pas marché parce que la serrure était trop compliquée. Quoi d’autre ?
— Là j’vois pas, dit Noël-Mari. On fermait pas nos portes, sur l’Île, avant. On avait rien à voler.
— Mais même sans ça, qui surveillait la maison ?
— Les voisins, dit Azura. Mes voisins ont le double des clefs de ma maison.
— Exactement ! dit Éléon avec un air triomphant.
Azura était impressionnée. Éléon n’avait vraiment pas dû dormir de la nuit. Peut-être qu’il avait pris de ce café avant de se coucher. Azura se demanda ce qui se passerait si elle vidait quelques gouttes du café de Guérin au pied d’un rosier. Il se mettrait probablement à danser.
— Mais qui est le voisin de la Grotte ? dit Noël-Mari.
Éléon se tourna vers Guérin. Noël-Mari se tourna vers Guérin. Azura finit sa bouchée de tartine avant de se tourner vers Guérin.
— Le phare voisin qui surveille la Grotte, dit Éléon, c’était tellement évident que je m’en veux d’avoir pris toute la nuit pour réaliser ! Et c’est pour ça que vous avez voulu ouvrir la Grotte vous-même. Vous avez forcément les clefs.
— Je n’ai pas ces clefs, dit Guérin. Je ne les ai jamais eues. Elles ont été cachées sur l’Île, il y a longtemps.
— C’est idiot, dit Éléon. Le double des clefs est à utiliser en cas d’urgence, quand on n’a pas de temps à perdre à les chercher ! Pourquoi les cacher ?
— C’est ainsi, dit Guérin. Personne ne méritait de garder ces clefs. On ne doit jamais intervenir sur la Grotte sans une question de vie ou de mort.
— Alors ce n’était pas de votre faute si vous ne les aviez pas, dit Azura.
— C’est de ma faute, dit Guérin, parce que j’ai perdu les textes qui disent où elles se trouvent.
— Si près du but ! se lamenta Éléon
— Vous ne vous souvenez pas de ce que disaient les textes ? dit Azura.
— Pas vraiment, dit Guérin. C’était un style très compliqué, plein de métaphores et de formules poétiques dans une langue ancienne.
— C’est dommage, dit Azura.
— Essayez quand même, dit Éléon.
— Je crois qu’un des passages disait quelque chose comme « les voix des anciens, qui étaient là avant les premiers, soufflent vers le Sud ». Ou « soufflent du Sud ».
Éléon grimaçait sous l’intensité de sa réflexion.
— Les voix pourraient être l’Air, dit-il, mais les Anciens c’est la tradition et c’est la Terre… et le Sud est souvent le Feu, en fait…
— Avant les premiers quoi ? demanda Azura à Guérin qui se servait un autre bol de café.
Azura n’avait toujours pas touché au sien et il lui semblait que ses neurones faisaient des étincelles à l’intérieur de sa tête. Elle se massa les tempes pour calmer le feu d’artifice intérieur, et quelque chose qui avait été pris dans sa manche glissa le long de son bras et tomba sur la table. Il rebondit plusieurs fois, et cogna un verre qu’il fit vibrer ; on aurait dit une voix qui chantait. Guérin le ramassa et l’examina : c’était un joli caillou gris, poli, avec une longue fente ovale au milieu.
— Où avez-vous trouvé ça ? dit Guérin.
— Je ne sais pas, dit Azura. Je crois que c’est en rapport avec ce drôle de rêve que j’ai fait.
— Raconte-nous ton rêve, dit Éléon.

Azura n’avait plus que des impressions de son rêve, mais elle fit de son mieux pour décrire de façon claire les dolmens qui sifflaient et comment le loup l’avait sortie du trou.
— J’ai jamais fait des rêves comme ça, dit Noël-Mari. Dans les miens, y’a plutôt du poisson.
— Le loup ne devait pas être vrai, dit Éléon, il t’aurait mangée, sûrement.
— Si tu le dis.
— « Les voix des Anciens », répéta Éléon, les voix…
Éléon porta le caillou très près de ses yeux, l’observa sous tous les angles… puis le porta a sa bouche et souffla. Un sifflement mélodieux, ressemblant à une voix, empli la pièce.
— C’est une des clefs, dit-il solennellement. Je ne crois pas au hasard ! C’est forcément une des clefs !
— Ah bon ? demanda Azura qui croyait beaucoup au hasard.
— Je n’y crois pas non plus, dit Guérin. Je n’en étais pas sûr avant, mais ça semble clair à présent. L’Île veut que vous la sauviez. Elle vous appelle à l’aide, dit-il en se levant et se dirigeant vers l’autre pièce. Restez-là.
— Par contre je suis surpris qu’elle appelle Azura, dit Éléon avec une petite moue entre suspicion et déception. Pourquoi elle ? Oh, mais je sais ! Elle doit être celle qui correspond le mieux à la pierre !
— Je suis une pierre ? dit Azura.
— Non, dit Éléon, mais tu corresponds à la pierre. Les Grottes Magiques – c’est une Grotte Magique, n’est-ce pas ? – les Grottes Magiques, donc, s’ouvrent avec des clefs magiques. Ce sont des objets magiques, des pierres, ou des symboles, ce genre de chose. Et toi, symboliquement, tu es cette pierre ! Tu vois ?
Azura ne voyait pas bien, mais elle n’allait sûrement pas contredire Éléon alors qu’elle avait déjà l’impression de l’avoir vexé sans rien faire.
— Ben oui, dit Noël-Mari, ça fait du bruit, les cymbales. Ça va bien avec le vent.
Guérin eut une expression amusée qu’il tenta de dissimuler en rassemblant des miettes de pain qui traînaient sur la table avec ses doigts.
— J’ai dit des symboles, dit Éléon.
— C’est quoi des symboles ?
— Ou alors, dit Azura, c’est parce que moi je dormais, et toi non.
— Ça doit être ça, dit Éléon en lui tendant la pierre. C’est toi qui dois la garder, ajouta-t-il alors qu’Azura ne réagissait pas.
— Comment ça se fait que tu l’as pas vue partir, d’ailleurs ? dit Noël-Mari. Si qu’t’as réfléchi toute la nuit ?
— J’ai peut-être dormi un peu, dit Éléon en regardant sur le côté. Mais peu importe ! C’est un Indice Capital ! Je parie que les Clefs sont les quatre Éléments ! C’est presque toujours les Éléments.
— Comment on peut le savoir sans avoir les textes ? dit Azura.
— Il m’en reste un, dit Guérin. Une seule tablette, sur les quatre que j’avais. Peut-être que vous pourrez y comprendre quelque chose.

Guérin posa une tablette sur la table, entre les bols et les verres de jus de fruit. C’était un rectangle de pierre, grand comme un cahier d’école, couvert des runes qu’Azura avait déjà vues dans le cimetière. Éléon se pencha au-dessus de la tablette avec révérence et commença à déchiffrer le texte.
— Alors… « attention à la colère de la Groac’h »… quelque chose sur une tempête noire si on ouvre… si… je ne connais pas ce mot.
— Je crois que c’est « destruction », dit Guérin.
— Ce serait « destruction de la terre » ? demanda Éléon. Ce doit être les Ombres.
— Ce n’est pas très rassurant, dit Noël-Mari.
— Mais cela ne nous concerne pas, dit Éléon, puisque les Ombres sont déjà dehors et qu’elles menacent déjà de détruire l’Île. Ah, ajouta-t-il en continuant sa lecture, voilà ce qui nous intéresse : « les pierres de l’Ombre ont été rendues à l’Île car seule l’Île est » … digne, je crois, « digne de son destin ». La première clef est « là où le soleil se lève à l’Ouest, à la pointe de la terre », et puis quelque chose sur de l’écume… « la main de l’Île ».
— C’est quoi c’t’histoire ? dit Noël-Mari. Le soleil y s’lève à l’Est. J’connais pas de soleil qui se lève à l’Ouest.
— Je continue, dit Éléon, on verra bien. La deuxième clef est « un visage qui… flotte… sur l’eau enfermée dans la terre. Un… cœur au Nord qui veut »… non, c’est « un cœur qui désire »… ou « prend »… « les larmes de l’Ile ».
— Ça s’arrange pas, dit Noël-Mari.
— C’est ce qu’il y a écrit, dit Éléon. Ce n’est pas ma faute si ce sont des énigmes !
— Je n’y ai jamais rien compris, dit Guérin qui buvait son troisième bol de café comme si c’était du jus d’orange. J’avais confié les autres tablettes à des érudits, il y a longtemps, et elles ne sont jamais revenues.
— À qui vous les avez données ? dit Azura.
— À Silvain Even, dit Guérin en se grattant la tête à travers sa casquette. C’était un professeur. Mais il est mort depuis longtemps et sa famille ne m’a jamais rendu les tablettes. Je suis allé chez eux et je n’ai rien trouvé. Ils les ont peut-être emmenées sur le continent…
Guérin avait prononcé ce nom comme on le prononçait sur l’Île d’Azura, où Even rimait avec Silvain. Elle ne savait pas pourquoi, mais Azura lui en était reconnaissante.
— Complets ou non, dit Éléon, ce sont des Indices, et les Indices peuvent sûrement être lus ! Vous auriez une carte de l’Île ? demanda-t-il à Guérin. Puisque personne n’est digne des clefs, je suis certain qu’il s’agit d’indications de lieux.

Guérin leur donna une grande carte de l’Île, qu’Éléon contempla, ouverte sur la table, avant de s’y pencher et d’en étudier chaque ligne, répétant silencieusement les mots de la tablette, ses yeux toujours en mouvement d’un côté à l’autre de la carte.
— L’eau enfermée dans la terre, dit Éléon, ça devrait être le plus facile. C’est un lac, ou un étang, ou un lavoir…
— Si c’est un lavoir on a pas fini de chercher, dit Noël-Mari. Y’en a partout.
— C’est au Nord, dit Éléon, ça limite un peu les possibilités…
— Ça pourrait être le lac artificiel, dit Azura.
— Le quoi ? dit Éléon et Noël-Mari à l’unisson.
— Le lac artificiel, répéta Azura. Un barrage sur une rivière pour faire une réserve d’eau potable. En tout cas chez moi c’était comme ça.
— J’ai jamais entendu parler de ça, dit Noël-Mari.
— Mais elle a raison ! dit Éléon en bondissant sur le banc et pratiquement sur la table. C’était peut-être encore comme ça quand les tablettes ont été écrites ! L’eau enfermée ! C’est plus important qu’une source qui alimente un lavoir, un barrage !
Azura avait du mal à établir une chronologie cohérente des évènements : le barrage, les runes, le manque de voiture, les dates sur les tombes… avait-elle vraiment fait un bond en avant de plus de trois mille ans ? Et si c’était le cas, ses grands-parents seraient morts depuis longtemps… Azura refusa de poursuivre ce fil de pensées.
— Où était ce lac ? dit Éléon.
— Pardon ? dit Azura.
— Le lac artificiel, tu sais où il était ?
— À Port-Mélin… Là, ajouta-t-elle en pointant sur la carte.
— Tu peux dessiner la forme qu’il avait avant ? dit Éléon. On va y aller et en faire le tour !
Guérin donna un crayon à Azura, qui dessina maladroitement la forme serpentine du lac dont elle se rappelait, entre une petite plage de Port-Mélin et la route de Kerlivio.
— C’est bien au Nord de l’Île, dit Éléon. Azura, tu n’as pas pu marcher trop loin cette nuit… tu étais toujours près de la côte ?
— Oui… enfin je crois.
— Je pense que oui, car la pierre du vent devait être au Sud de l’Île.
— Les voix des anciens, qui étaient là avant les premiers, soufflent du Sud, dit Guérin.
— C’est ça, dit Éléon. Donc le soleil qui se lève à l’Ouest à la pointe de la terre doit littéralement être à l’Ouest, plutôt que de désigner une entité mystique…
— Ben alors c’est facile, ça, dit Noël-Mari. C’est Pen-Men.
— Qu’est-ce qu’il y a à Pen-Men ? demanda Éléon.
— Le plus grand phare de l’Île, répondit Guérin. Quel idiot !
— On peut le faire ! Nous allons trouver ces deux pierres !
Éléon avait ponctué sa phrase en frappant la table, manquant de reverser tous les bols.
— Je vais vous préparer des provisions, dit Guérin en étendant un bras pour retenir un bol qui s’approchait dangereusement du bord.
— Vous ne venez pas avec nous ? demanda Noël-Mari.
— Je dois réparer le phare. Je ne peux pas m’éloigner d’ici.

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Autres écrits : le voyage

— Tu as tout ce qu’il te faut ? demanda la sœur ainée.
— Oui, oui, oui, répondit sa cadette en serrant son sac à main entre ses mains.
— Ne prends pas ce ton-là avec moi. Je ne voudrais pas que tu te retrouves là-bas et qu’il te manque quelque chose juste parce que tu n’as pas voulu que je te donne un bon conseil.
— Je sais, mais je suis sûre d’avoir tout ce qu’il me faut, merci.
— Bon, si tu es sûre. Tu as ton argent ?
— Oui, j’ai mon argent.
— Bon, bon. Tu as de quoi manger ?
— Je t’ai déjà dit, j’ai tout ce qu’il me faut. Et puis, c’est toi qui a préparé mon sac, non ?
— Oui c’est vrai, mais on ne sait jamais. Il faut toujours tout vérifier, au moins deux fois.
— Tu as tout vérifié six fois, je t’ai vue.
— Dis tout de suite que je suis une maniaque !
— Tu es maniaque. Tu as plein de manies.
— Ce n’est pas tous les jours que ma petite sœur fait un voyage important !
— Tu es juste dépitée de ne pas partir en premier.
— Pas dépitée… mais il y a des choses que j’aurais voulu traiter moi-même. Comme avec le cousin Pascal. Tu te souviens du cousin Pascal ?
— Si je me souviens du cousin Pascal ! On était à l’école ensemble !
— C’est un filou. Il est parti en nous laissant tout le travail à faire. Tu sais que je n’ai pas pu retrouver son fameux contrat de mariage ? J’ai retourné toute la maison, et rien, rien, rien !
— Je m’en souviens.
— Ah, celui-là, j’aurais voulu lui parler directement. Tu me diras, hein, si tu sais où il l’a mis ? C’est un papier important. Pas pour moi, pour les enfants. Si ce n’était que pour moi…
— Si je peux te contacter avant que tu viennes, bien sûr, je le ferais.
— Tu sais que je ne demanderais jamais rien pour moi !
— Non, je sais…
— Bon. Tu as à manger, c’est sûr ?
— Oui, oui.
— Oui, bon, excuse-moi. C’est parce que je ne vais pas pouvoir te donner de conseils pendant un moment, il faut que je le fasse tant que je le peux encore. Ah, n’oublie pas de saluer Thérèse, quand tu la verras.
— Thérèse ?
— Oui, tu sais. La voisine Thérèse, avec tous ses chats.
— Pourquoi j’irais parler à Thérèse ? On la détestait !
— Je sais, qui de sain d’esprit pourrait garder autant de chats chez elle ? Et elle nous a fait les nourrir assez souvent pour que je sache que ce n’était pas des chats, mais de vrais monstres. Dès qu’elle avait le dos tourné, hop, une horde de sauvage. C’est ça, les chats. C’est pour ça que je préfère les chiens.
— Alors, pourquoi veux-tu que je la salue ?
— Parce que ça se fait, entre voisins, figure-toi !
— Oh, bon. Si tu insistes.
— Fais-le, c’est tout. Et puis, ce sera un visage familier. Qu’est-ce que tu as à tordre tes mains comme ça?
— C’est l’attente. Je suis un peu anxieuse.
— Oui, moi aussi. Tu as tes pastilles ?
— Mes pastilles ?
— Oui, tes trucs, là… à la cannelle.
— Oui, oui, oui.
— Bon. Et les poupées, tu les as ?
— Tu les as mises dans la poche avant ?
— Oui, mais est-ce qu’elles y sont toujours ?
— Oui, oui, oui.
— Ouvre le sac, que je les vois. Ça va me rassurer, et ça va t’occuper les mains.
— Tiens, voilà.
— Oui, c’est bien. Arrête de triturer ce sac comme ça, il va tomber en morceaux.
— Je n’y peux rien, c’est le stress. C’est la première fois que je vais aussi loin, aussi.
— Si j’avais pu, je serais partie avec toi. Ça va être drôle, ici, sans toi…
— C’est toujours plus difficile pour ceux qui restent.
— Oui, oui.
— Tu vas pleurer ?
— Bien sûr que non !
— Tu vas pleurer.
— Idiote, tu sais bien que je vais pleurer. Je pleure toujours.
— Oui, oui. Moi aussi.
— Maintenant il faudra que je pleure pour nous deux, tant que tu ne seras plus avec moi. Tu es sûre que tu as l’argent ?
— J’en suis sûre.
— Tu le donnes au conducteur, c’est facile.
— Je sais, je sais.
— Ça m’embête que tu sois seule. Tu aurais dû prendre Oscar avec toi.
— Oh non, il est bien là ou il est.
— Ce chien ne fait que ce qu’il veut, de toutes façons. Il t’aurait tenu compagnie…
— Il m’aurait embrouillée. C’est bien comme ça.
— Si tu le dis…
— Oui, oui.
— Tu seras avec Claude, là-bas, ce sera bien.
— Oui, oui…
— Tu t’es toujours bien entendu avec lui.
— Oui, oui…
— Tu as du mal à garder les yeux ouverts, on dirait… tu as dormi, cette nuit ?
— Pas beaucoup. Trop de questions…
— Ah, oui, oui, forcément. Dis-donc, c’est déjà l’heure ?
— Je crois. Et je suis déjà fatiguée…
— Oh. Bon. Alors… fais un bon voyage.
— Merci…
— Contacte-moi si tu peux. Ça me rassurera un peu.
— Oui…
— Sinon, je partirais du principe que tout va bien de toutes façons. Et n’oublie pas le cousin Pascal.
— Non…
— Je te rejoindrais plus tard. A bientôt, petite sœur.
— Oui…
— C’est bien, dit la sœur ainée en regardant sa sœur cadette s’éloigner.

Elle attendit toute la nuit. Puis elle rabattit le drap, éteignit la lampe, et referma la porte derrière elle en quittant la pièce.

Chapitre 7 de l’Express d’Orient

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Bonjour à tous!
Le chapitre 7 est disponible sur Plumarum ! Le surnaturel montre enfin un peu plus que le bout de nez… Il faut vous inscrire sur le site pour le lire, mais les chapitres de 1 à 5 sont toujours en accès libre! Bonne lecture! 

La Groac’h et Grison sur Kobo

Bonjour!

Pour tous ceux qui préfèrent les epubs au Kindle, L’Île de la Groac’h et Les Fantômes de Grison font leur entrée sur Kobo! Retrouvez-les ici :

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1883, à bord de l’Express d’Orient : Le train

L’Express d’Orient, mieux connu sous son nom international Orient Express, est la première ligne traversant l’Europe de Paris à Constantinople (Istanbul) sans changement de train ou étape obligatoire dans un restaurant ou un hôtel. Du moins, il le sera en 1889. En 1883, il faut encore débarquer deux fois : à Giurgewo (Giurgiu) pour traverser le Danube, puis à Varna pour traverser la Mer Noire.

Néanmoins, pour la plus grande partie de son trajet, c’est un véritable appartement roulant qui offre la pointe du confort disponible à l’époque. Si ce ne sont pas encore les  magnifiquss voitures Pullman plus connues des années 1930, le train est déjà un bijou de luxe et de raffinement, depuis le service des wagons-lits jusqu’au restaurant, bien qu’il soit encore majoritairement construit en bois.

Le train n’a pas encore de salons de jour, les voyageurs ne peuvent réserver qu’un compartiment avec couchette. Il roule avec une configuration assez courte : une locomotive (qui change à chaque passage de frontière), son tender (réserve de charbon pour la locomotive), un fourgon à bagages, deux wagons-lits, un wagon-restaurant, et un autre fourgon pour la réserve du restaurant en plus des bagages. Il fait environ 75m de long. 

Le train est chauffé à la vapeur, et éclairé au gaz, mais le passage entre les wagons n’est pas entièrement couvert : on passe d’une plate-forme (aux deux extrémités de chaque wagon) à une autre par une passerelle.

Chaque wagon-lit peut accueillir 20 voyageurs, répartis en compartiments munis de couchettes superposées : 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits. Les compartiments de deux lits sont reliés par paires, grâce à des portes intérieures. Il n’y a pas encore de cabinet de toilette entre chaque compartiment comme il y en aura plus tard, mais chaque wagon-lit est muni d’un cabinet de toilette (muni d’eau chaude!) à chacune de ses extrémités. Le conducteur du wagon est la personne à qui vous adresser si vous avez besoin d’une bouteille d’eau ou d’une couverture supplémentaire, stockés dans une armoire. Les wagons-lits sont fermés à clef pendant la nuit.

Les plafonds des wagons sont arrondis, et décorés de frises ou de motifs floraux. Dans le restaurant, des miroirs énormes sont posés sur les cloisons de séparation afin de refléter la décoration tout en agrandissant l’espace. Le reste des murs est recouvert de tapisseries des Gobelins. Les rideaux des fenêtres s’enroulent au-dessus des vitres, et sont eux aussi ornés de motifs végétaux. Au-dessus des fenêtres courent des portes-bagages grillagés, comme une longue étagère ajourée.

Si la cuisine est un tout petit espace dans le wagon-restaurant dans lequel on peut à peine bouger entre l’énorme fourneau, l’espace lavage, et les ustensiles accrochés jusqu’au plafond, cela n’entrave aucunement le talent du chef. Les menus s’agrémentent des produits locaux des villes que le train traverse. Les plats sont servis dans de la vaisselle fine, sur des tables lourdes qui restent stables en toute circonstances.

Petit détail original, le salon pour dames (qui fait partie du wagon-restaurant) possède une banquette en « U » le long d’un côté du wagon. Le fumoir, à six places, fait également office de salon de lecture : il comporte une petite bibliothèque garnie d’une trentaine de livres, de journaux, de jeux de cartes et de dominos et de tout ce qu’il faut pour écrire.

L’un des défis techniques d’un train international réside à l’époque dans la largeur des rails, qui est différente dans chaque pays. Le wagons sont donc équipés d’essieux qui pouvaient s’adapter. Cela influence sur la vitesse du train : il peut aller jusqu’à 80 km/h sur les voies françaises et allemandes (ce qui est assez rapide pour l’époque), mais d’autres voies le limitent à 40 km/h.

La traversée des montagnes pose également quelques difficultés. Afin de pouvoir tirer le poids du train dans les montées des Carpates, une machine de renfort était ajoutée  à la locomotive.

Origine :

Je cherchais un voyage en train qui soit très évocateur. L’Orient-Express est le premier train international qui allait si loin à travers Europe sur une ligne directe. J’ai trouvé ça très inspirant comme base pour un roman fantastique à la découverte de gens plutôt différents. On connaît surtout la version du train des années 1930 (on pense à Agatha Christie, qui prenait régulièrement cette ligne…) mais j’ai préféré la toute première version du train, plus empreinte de nouveauté et découverte de l’inconnu.

Découvrez le roman 1883 : à bord de l’Express d’Orient, disponible sur Plumarum.com

 

1883 : à bord de l’Express d’Orient

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Octobre 1883. Quatresous s’embarque à bord de l’Express d’Orient, le tout nouveau train de grand luxe, tout juste inauguré par la Compagnie des Wagons-lits. Sa mission est aussi claire qu’elle est saugrenue : faire faire demi-tour aussi vite que possible à son employeur Monsieur Desmilliers et récupérer l’argent des billets, car les finances de la famille en dépendent. Mais à bord du train, tout le monde a un secret, des histoires d’esprits et de monstres hantent les couloirs, et une menace rôde… Et qui sont ces passagers mystérieux, dans les compartiments du wagon de tête ? Pour Quatresous, un voyage vers l’inconnu va commencer dès le quai de la gare…

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