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2 ebooks offerts du 28 au 31 octobre!

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Deux aventures fantastiques et inoubliables vous attendent ! Inscrivez-vous ici et recevez-les par mail.

Du 28 au 31 octobre, recevez en même temps La Forêt des Livres, le tome 1 du Fil des Pages, et 1883 Express d’Orient, le premier volet des aventures de Quatresous et les Alterï.

Parcourez des villes imaginaires dans l’espoir d’empêcher les livres de s’effacer. Laissez-vous emporter dans une enquête menée à tambour battant à bord d’un train mythique…

(formats disponibles : epub et mobi)

1883 Express d’Orient : Chapitre 3

III. 28 octobre, Paris, Gare de l’Est. Départ 19h30.

À 7 heures 20 du soir, je me tenais sur le quai de la Gare de l’Est, mal à l’aise dans l’ancien habit noir de Monsieur, avec ses gants, usés et trop larges, et son chapeau haut-de-forme élimé qui glissait sans cesse sur mes cheveux trop courts.

Je venais à peine de quitter les rues familières de Paris sous leur ciel brumeux d’octobre. Devant moi, dans un brouhaha assourdissant, une foule de gens se pressait, allait et venait, s’embrassait, se congratulait, se donnait de dernières recommandations, se souhaitait bon voyage. C’était un ballet étourdissant de tenues d’hiver toutes neuves : cols montants, plis bouffants sur les hanches, profusion de rubans, petites mèches bouclées s’échappant des chapeaux. Je ne reconnus aucun visage. Je ne voyais que des frous-frous.
— Ne reste pas dans le passage, empoté ! me dit Monsieur en s’engageant dans la mer de monde comme si la gare toute entière lui appartenait, fendant la foule en jouant des épaules.
— Laissez passer, laissez passer !

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1883 Express d’Orient : les Whitlock

Une flopée de bonnets de paille, de dentelles, de châles blancs et de mèches blondes, tous parés de fleurs, monta à l’assaut de notre wagon. C’était un véritable jardin printanier, qui inondait de lumière la nuit grise de l’hiver approchant.
— Laisse-moi passer en premier, je suis l’aînée !
— Tu n’es pas l’aînée, tu es seulement la plus vieille parce que Pearl n’est pas là !
Stop insulting me in French !
— Nous sommes en France, je t’insulte dans la langue appropriée ! Ce n’est pas de ma faute si tu es trop stupide pour comprendre.
— Cela suffit, dit une voix autoritaire. Vous passerez toutes les deux après Ruby.
Mother ! protesta l’aînée.
Lady Jewel saisit le bras de son frère.
The time is wrong, dit-elle. I’m scared.
Let’s run then ! cria Lord Jasper en partant en courant le long du quai.
Mais Lady Jewel ne fut pas assez rapide ; sa mère la saisit par le bras et la maintint fermement.
Jasper ! cria la mère. Come back here at once !
— Monte dans le train avec les filles, dit le père, je vais le chercher.

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1883 Express d’Orient : Dumont et Alfred

« Derrière Monsieur, le serveur installait deux hommes. Le premier, de mon âge peut-être, portait une moustache fine avec une barbe pointue sur le menton, les cheveux longs coiffés en arrière. Son style impeccable bien qu’excentrique ne cachait pas ses traits tirés. La première chose qu’il fit fut de commander plusieurs bouteilles de vin.

— Déjà ? dit le jeune homme qui était assis en face de lui.

Sa voix, aux inflexions si délicates, m’interpella. Il avait peut-être quinze, ou seize ans, et le visage d’un de ces dieux grecs dont on faisait des toiles en série.

— « Déjà ? » me demandes-tu, mon si cher secrétaire, alors que c’est « enfin » qu’il faudrait dire, Alfred. Je me sens bien trop sobre au seuil de cette soirée.

— Le mot « sobre » ne s’est pas appliqué à vous depuis si longtemps qu’il ne vous reconnaîtrait pas si vous le croisiez.

— Une magnifique répartie ! Note-la donc, je te prie, je pourrais l’utiliser. C’est bien pour cela que tu es payé, n’est-ce pas ? »

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1883 Express d’Orient : Madame Niedermeier

« — Ooh, un auteur et un journaliste ! Voilà qui est passionnant ! déclara une femme assise à la table à droite de celle de Dumont et qui roulait ses « r » de façon gutturale. J’ai l’impression d’être au théâtre ! Permettez-moi donc de me présenter à mon tour : je suis Diana Niedermeier.

Elle avait une soixantaine d’années, peut-être, avec une longue figure poudrée, une large bouche et des yeux qui disparaissaient sous d’épaisses paupières. Elle m’évoquait vaguement un cheval qu’on aurait enveloppé dans une robe.

— Puisque nous sommes tous amis, annonça madame Niedermeier, je vais vous dire un secret. Voilà… j’ai un don, dit-elle sur un ton solennel. Je suis un peu médium. Lorsque je dis un peu… oh, inutile de cacher la vérité, n’est-ce pas ? Je suis médium ! Je dois vivre avec, autant l’assumer !

— Très bien, très bien, dit Fontaine en riant. Alors, dites-moi ce qui m’attend pour ce voyage.

Elle retourna encore trois cartes : le Bateleur, le Diable, la Mort. 

— Je suis désolée ! déclara-t-elle. J’ai dû mal mélanger mon paquet.

Les cartes furent mélangées, battues, les esprits invoqués, les cartes retournées. Le Bateleur, le Diable, la Mort. Elle fit mélanger le paquet par son neveu, puis tira à nouveau trois cartes.

Le Bateleur, le Diable, la Mort. »

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1883 Express d’Orient : Monsieur

« — Mais enfin Ernest, disait Madame, vous rendez-vous compte de ce que vous avez fait ?!
Monsieur Ernest Desmilliers était trapu, charnu, moustachu, à l’allure dense et bourrue, ce qui donnait l’impression qu’il était un cube auquel on aurait attaché quatre membres épais. Sa tête était tout aussi cubique, avec un nez court, une bouche lippue, un regard porcin.
— Ma chère, ce train est la dernière expression du luxe. Finis les compartiments où les gens sont assis, serrés les uns sur les autres sur huit places où on n’est confortable qu’à condition d’être quatre. Ce sont des couchettes, des chambres personnelles ! Finies les courses dans les gares pour aller manger, il y a un wagon-restaurant ! Il y a des cabinets de toilette dans le train ! C’est un train de luxe, avec un service de luxe, pour des gens de luxe !
Les yeux de Monsieur brillaient d’excitation chaque fois qu’il prononçait le mot « luxe ». »

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1883 Express d’Orient : Fontaine

« Fontaine avait une trentaine d’années, peut-être, un long nez étroit et pointu, un menton en retrait, des yeux noirs, un teint hâlé. Il tapotait le comptoir du bout des doigts, selon un rythme aussi irrégulier qu’irritant.

— Ah oui, ton travail de journaliste, bien au chaud en première classe !

De sa place au milieu du restaurant, il scrutait les voyageurs avec une expression impatiente, comme s’il était sur le point de partir en courant.

— Nous allons passer trois jours ensemble ! Je ne sais pas pour vous, mais je voyagerai seul à partir de Vienne et s’il m’arrivait quelque chose, personne ne saurait qui je suis ! Sans compter tous ces monologues que je vais devoir faire, car je vais jusqu’à Constantinople ! Je vous propose de faire une toute petite, minuscule entorse à la bienséance, rien que pour cette fois, et de nous présenter nous-même, afin de profiter ensemble du voyage. Vous êtes, bien sûr, libres de m’ignorer. Mais voilà : je suis Charles Fontaine et je suis ravi de me trouver parmi vous ce soir. »

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1883 Express d’Orient : Mademoiselle Melusine

« — Essayeriez-vous de vous enfuir ?
Je me retournai pour trouver la jeune fille en train de m’observer. Sous son chapeau de velours, elle avait un visage de poupée : pâle et lisse, avec une petite bouche, des yeux aux cils presque transparents, des sourcils très fins. J’avais du mal à déchiffrer son expression tant elle était neutre et retenue.
— Non, mentis-je.
— Dommage. J’aurais demandé à vous accompagner. Supplié, peut-être. Suggéré que je pouvais vous payer, en tout cas.
— Vraiment ? dis-je en essayant de déterminer à quelle point elle était sérieuse. Combien 
?
— Monsieur Quatresous ? dit le conducteur. Que faites-vous par là ? C’est le wagon-restaurant, dit-il sur le ton très lent et articulé de quelqu’un qui parle à un enfant. Le wagon-lit est celui-ci.
— Je vais le guider, dit la jeune fille avant que mon choix ne fût fait.
— Vous êtes trop aimable, mademoiselle Schaefer, dit le conducteur. Merci infiniment. 
 »

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1883 Express d’Orient : Quatresous

« J’attendais dans le boulevard Haussmann, observant les environs, fumant une cigarette pour me donner une contenance. Les autres chauffeurs me lançaient parfois de drôles de regards, comme s’ils savaient parfaitement que je jouais un rôle, que je ne méritais pas cette place. Je remontais alors un peu plus le col de ma veste, rentrais un peu plus la tête dans les épaules, et abaissais un peu plus ma casquette sur mes yeux. Heureusement, je n’avais pas un physique hors du commun : une grande silhouette osseuse de pantin désarticulé, les cheveux d’un blond vague, les yeux bruns aux cernes presque aussi foncées, un long nez fin, les mains abîmées, la peau d’un teint plus proche du grisâtre que du rose, les ongles souvent noirs. »

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