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Pris dans la Toile

Bonjour ! Nous allons terminer notre visite des scènes classiques du #fantastique dans les « Récits Et Si » par un spécimen de taille (que l’on trouve finalement beaucoup aussi dans la #fantasy), les araignées géantes ! La créature vampirique du Fil des Pages (qui sort demain en format broché!) choisit une forme imposante pour la confrontation finale… Merci de m’avoir suivie dans cette aventure, je vous souhaite d’excellentes lectures, et prenez bien soin de vous! ❤️

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La bouche de la créature forma un rictus. Elle projeta sa tête et ses membres en arrière, comme une acrobate. Ses membres s’allongeaient. Quatre excroissances supplémentaires jaillirent de son corps et vinrent prendre appui sur le sol. Son corps s’éleva.

La pioche de Vegard se décrocha du sol avec un craquement discret, emportant un bout du plancher avec elle. Le corps de la créature prit de la hauteur. La pioche glissa hors d’elle, tomba sur le sol avec un cliquètement étouffé. L’énorme créature arachnéenne braquait tous ses yeux jaunes vers Dyulun.

— C’est une métamorphe ! Elle change son corps comme elle veut !

– Le Fil des Pages T, Pages Blanches, chapitre VI : https://ecguyot.com/le-fil-des-pages/

Non-Morts & Morts-vivants

Bonjour ! Aujourd’hui, notre scène classique du #fantastique est la découverte de l’invasion par des #mortsvivants. Rien que ça ! Jalen Haeste se trouve dans l’équivalent du métro dans le monde #fantasy de Tsyeloth, quand il remarque l’étrange comportement de certains passagers…

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Jalen releva la tête d’un coup et tomba immédiatement dans le regard de la personne qui se trouvait en face de lui. Ce fut une chute longue et déstabilisante, car l’homme en face de lui avait un regard vide, des yeux qui firent l’effet à Jalen d’être deux puits sans fond qui l’attiraient inexorablement vers eux.

L’homme trébucha et tomba dans les bras d’une femme qui n’eut pas d’autre choix que de le rattraper au vol. L’homme avait le visage tourné vers le cou de la femme et celle-ci cessa peu à peu de lutter sous son poids. La foule les ignorait, comme elle ignorait souvent les couples enlacés, et Jalen se dit que tout rentrait finalement dans l’ordre, quelqu’un s’occupait de ce pauvre homme. Ce n’était pas une menace, après tout, à part peut-être pour lui-même…

La femme tourna la tête et Jalen surprit dans son regard quelque chose entre de la surprise et de l’horreur. Puis son expression devint neutre, hébétée, et sa tête s’affaissa sur son épaule.

– Le Fil des Pages, Livre 1 La Forêt des Livres, chapitre II : https://ecguyot.com/le-fil-des-pages/

Le Fil des Pages : Tsyeloth

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Tsyeloth

La cité cosmopolite, mégalopole du désert où toutes les cultures, les religions et les langues se rencontrent. L’idée était de rappeler la tour de Babel, sans les points négatifs.

Les premières versions du texte comprenaient une très longue exposition sur l’origine de Tsyeloth. Lorsque j’ai appris à éditer un texte, tout cela est devenu superficiel, puisque cela ne servait pas du tout l’action. Voici le texte qui a été coupé :

Tsyeloth d’ailleurs était bâtie sur une aberration. Située tout à fait au sud de Garranha, elle se trouvait sur un terrain qui avait été il y avait bien longtemps une terre désertique. On n’y trouvait à cette époque que des rochers épars qui jaillissaient du sol, certains érigés comme des arbres de pierres, d’autres plats et posés en succession sur le sol comme s’ils s’étaient brisés et éparpillés en tombant. Les plaines herbeuses se terminaient bien plus au nord à cette époque, et aucun lac ni aucune rivière ne fournissait d’eau d’ici des kilomètres. On n’y trouvait pas la moindre oasis, et pas même les caravanes nomades des Shukmah, les créatures des sables, ne s’y aventuraient. De l’Ouest soufflaient des rafales de vents qui venaient de la steppe de Sürhe’st, et du sud-est s’insinuait le vent chaud et lourd du désert de Désert. Personne en pleine possession de ses moyens intellectuels n’aurait eu l’idée d’y installer le moindre campement. Et pourtant, c’est là que dans un recoin de terre sableuse, protégée des vents par la falaise de Jaal-Daar, Tsyeloth a émergé des entrailles de la terre.

Les grandes histoires commencent toujours par une coïncidence invraisemblable. Une caravane de Shukmah, dirigée par le Shaman Mvua Mtafiti, s’était égarée vers l’est, et s’était abritée d’une tempête au pied de Jaal-Daar. Ils étaient à court d’eau et bientôt privés de vivres, aussi leur Shaman entreprit la prière des cas désespérés, prière qui comportait beaucoup d’improvisations sur un thème central : taper en rythme de toutes ses forces sur tout ce qui lui tombait entre les mains (principalement des colliers en ossements qui donnaient des sonorités caverneuses contre la poitrine du Shaman), tout en poussant des cris de lamentation à faire fuir tous les animaux à la ronde (on ne savait jamais à quelle distance un dieu pouvait se trouver au moment où on avait besoin de lui aussi mieux valait miser sur le spectaculaire pour attirer son attention). Le dieu des Shukmah devait avoir fort heureusement une oreille qui traînait dans le coin, car bientôt le sol se mit à trembler sous les pieds du Shaman, puis sous les pieds de tous les autres membres de la caravane. Bien heureusement, même les non initiés à la communication avec les dieux eurent la présence d’esprit d’interpréter le message divin comme une injonction immédiate à s’éloigner en courant le plus vite qu’ils pouvaient. A peine eurent-ils le temps de se mettre à l’abri qu’un immense geyser d’eau explosa, projetant des torrents de boue aux alentours, ainsi que des rochers, et Svadilfari le Kaarnske du clan des Gravatt.

Cette rencontre entre deux peuples séparés par près de 6000 kms, dans un endroit stérile où personne ne s’aventurait jamais, était donc hautement improbable, et donc inévitable et prometteuse. Une fois la stupeur passée et tous les rochers retombés, les représentants diplomatiques involontaires des Shukmah et des Kaarnske, selon un protocole qui a perduré jusqu’à aujourd’hui, passèrent en revue toutes les stratégies envisageables avant de se mettre d’accord. Svadilfari tenta d’abord d’empêcher les Shukmah de se servir de son eau gratuitement, décision refusée à l’unanimité par les Shukmah, qui tentèrent de faire taire le Kaarnske à coups d’os de buffle soigneusement appliqués sur le crâne. Quelques coups de hache dans les pieds des Shukmah plus tard, ceux-ci décidèrent de proposer des babioles à Svadilfari en échange du précieux liquide. S’ensuivit une longue discussion sur les taux monétaires et la valeur des marchandises, mais le résultat fut accepté par les deux parties et le premier poste de commerce entre les Shukmah et les Kaarnske était né.

Sterna considérait que c’était la création de Tsyeloth par deux peuples si opposés qui en avait posé les bases politiques, car les Shukmah proclamaient toujours que c’était leur dieu qui avait fait jaillir l’eau dans le désert, alors que les Kaarnske assuraient fermement à tout le monde que c’était leur dieu qui avait provoqué les éboulements qui avaient conduit au détournement massif de la rivière souterraine. Cela instaura dès le début une certaine liberté de culte, permettant à tous les dieux susceptibles d’avoir contribué à la croissance de la cité d’installer librement leurs temples dans les rues. Pour être reconnue religion officielle de Tsyeloth, il suffisait de prouver que la divinité lui était bénéfique. La cité était gouvernée par un comité de représentants de tous les groupes considérant qu’ils avaient besoin d’être représentés à la tête de la ville, et dont le président était réélu tous les quatre ans (la date étant judicieusement choisie par l’ensemble du comité afin de s’assurer qu’aucun président n’aurait le temps de faire trop de dégâts pendant son mandat).

Si on me posait la question, son nom se prononcerait plus ou moins « t’saye-loss ».

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