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Pris dans la Toile

Bonjour ! Nous allons terminer notre visite des scènes classiques du #fantastique dans les « Récits Et Si » par un spécimen de taille (que l’on trouve finalement beaucoup aussi dans la #fantasy), les araignées géantes ! La créature vampirique du Fil des Pages (qui sort demain en format broché!) choisit une forme imposante pour la confrontation finale… Merci de m’avoir suivie dans cette aventure, je vous souhaite d’excellentes lectures, et prenez bien soin de vous! ❤️

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La bouche de la créature forma un rictus. Elle projeta sa tête et ses membres en arrière, comme une acrobate. Ses membres s’allongeaient. Quatre excroissances supplémentaires jaillirent de son corps et vinrent prendre appui sur le sol. Son corps s’éleva.

La pioche de Vegard se décrocha du sol avec un craquement discret, emportant un bout du plancher avec elle. Le corps de la créature prit de la hauteur. La pioche glissa hors d’elle, tomba sur le sol avec un cliquètement étouffé. L’énorme créature arachnéenne braquait tous ses yeux jaunes vers Dyulun.

— C’est une métamorphe ! Elle change son corps comme elle veut !

– Le Fil des Pages T, Pages Blanches, chapitre VI : https://ecguyot.com/le-fil-des-pages/

Ne vendez pas la peau du Loup…

Bonjour ! Peut-on faire plus classique du #fantastique qu’une transformation en #loupgarou ? Un sort de révélation force tous les Alterï à montrer leur vrai visage, avec quelques difficultés liés à la mode du XIXe siècle…

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Le restaurant était plongé dans l’obscurité. Elle s’agitait frénétiquement, mais je n’arrivai pas à comprendre ce qu’elle cherchait à faire. Elle secouait la tête, ses mains en proie à des spasmes ; il y eut un horrible son de déchirure et sa mâchoire s’ouvrit sur une rangée de crocs. Des poils envahirent sa peau et sa belle robe en satin s’effondra sur elle-même, alors que la louve, aussi blanche que de la neige, tentait de sortir de son corset. Lui, tomba en avant avec un bruit plaintif. Il fut un loup maigre et noir en un éclair.

Quelqu’un se mit à crier « ils sont entrés ! les loups sont entrés ! ». Il y eut une détonation, un cri, et des éclats de bois tombèrent du plafond, déjà abîmé par les chutes de rochers.

— Il est formellement contraire au règlement de blesser les passagers ! cria la voix de monsieur Charrier.

– 1883 Express d’Orient, Chapitre XX Les Carpathes II : https://ecguyot.com/1883-express-dorient/

L’armée des ténèbres

Bonjour ! L’armée des ténèbres appartient plus à l’Horreur qu’au #Fantastique, mais lorsqu’on est encerclé par une meute de morts-vivants, comme Jalen et ses amis, ce n’est pas le moment de discuter genres littéraires…

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Ils tournèrent la tête vers eux, levant leurs regards vides dans leur direction. Dyulun entendit Jalen étouffer un hoquet de frayeur.

— Ils sont trop nombreux, dit Jalen.

— Mais ils sont lents, dit Dylun.

— Ça ne sera plus vraiment à notre avantage, une fois qu’on sera morts.

Ils suivaient Jalen comme des papillons attirés par la flamme d’une bougie ; ils se pressaient les uns contre les autres, formant une barrière mortevivante autour de lui. Certains secouaient légèrement la tête, agitaient les bras (ou les bouts de bras qui leur restait), comme des automates cassés.

Jalen fouillait à nouveau dans son sac. Il en sortit des gousses d’ail, qu’il brandit devant lui dans un geste aussi menaçant que possible considérant qu’il leur collait un légume sous le nez. Il trébucha, et lâcha son ail, qui se répandit aux pieds des créatures.

En quelques secondes, la scène avait changé du tout au tout. Certaines reniflaient avidement, semblant se délecter du parfum, d’autres avaient tenté de croquer et grimaçaient dans une sorte d’extase douloureuse.

— Ils *aiment* l’ail ?

– Le Fil des Pages, Entre les Lignes, chapitre II : https://ecguyot.com/le-fil-des-pages/

Le Chant de la Sirène

Bonjour à tous ! Aujourd’hui pour notre scène classique du #fantastique, je vous emmène faire un petit tour sur une île bretonne, version #fantasy, pour une rencontre avec le chant des sirènes…

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Une masse de cheveux noirs émergea de la surface d’argent miroitante. Une unique mèche blanche brillait sous la lumière de la lune. La créature glissa gracieusement sous les flots jusqu’à un rocher isolé. Une paire de bras sortit de l’eau et la sirène se hissa sur la pierre dans une sorte de convulsion nerveuse du bas de son corps, qui était effectivement une queue de poisson. Azura se demanda comment une anguille géante dotée de bras et de cheveux pourrait chanter, jusqu’à ce que la sirène repousse ses cheveux derrière ses épaules, dégageant son visage et le reste de la partie humaine de son corps.

Soudain, la chanson était là. La voix était faible, et Azura avait du mal à l’entendre. Elle ferma les yeux, et s’accrocha à la mélodie comme si c’était une bouée au milieu du bruit des vagues. La voix prit de l’assurance, et du volume. C’était une jolie voix, mélodique, qui sautait de note en note de façon charmante, et qui accrochait des vibrations solennelles dans les graves et des cristaux de désespoir dans les notes les plus hautes. Si elles avaient pu les voir, Azura aurait juré que les étoiles menaçaient de se suicider en se jetant dans la mer. Dans la poche d’Azura, la pierre de la Voix vibrait à l’unisson avec la sirène.

La sirène se tut. Même le silence avait envie de se noyer.

– L’ile de la Groac’h, chapitre Tudyne : https://ecguyot.com/lile-de-la-groach/

Le Destin dans les Cartes

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, une autre scène #fantastique classique de divination, et cette fois-ci une #médium tire les cartes. Madame Diana Niedermeier a tout l’air d’un charlatan, mais sa démonstration finit par être troublante…

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Madame Niedermeier déposa certaines cartes, devant elle, sur la table récemment débarrassée par les serveurs, en retourna trois : c’était le Bateleur, le Diable, la Mort.

— Diable ! dit Fontaine. Voilà qui s’annonce périlleux. Je pars en voyage, je vais rencontrer un monstre, et je vais mourir ?!

— Pas du tout, dit madame Niedermeier avec un petit rire, les cartes sont plus symboliques que cela. Le Bateleur est un nouveau départ, de nouvelles idées. Le Diable est la part du démon en chacun de nous, nos mauvais côtés qui nous entravent, et la Mort est simplement un changement de vie.

— Voilà un thème qui a tout pour plaire à mon ami Charles ; pouvez-vous faire la même chose pour lui ?

— Mais bien sûr, dit madame Niedermeier avant de recommencer son manège.

Elle retourna encore trois cartes : le Bateleur, le Diable, la Mort.

— Je suis désolée ! déclara-t-elle. J’ai dû mal mélanger mon paquet.

Les cartes furent mélangées, battues, les esprits invoqués, les cartes retournées. Le Bateleur, le Diable, la Mort. Elle fit mélanger le paquet par son neveu, puis tira à nouveau trois cartes.

Le Bateleur, le Diable, la Mort.

– 1883 Express d’Orient, chapitre IV de Noisy-le-Sec à Epernay : https://ecguyot.com/1883-express-dorient/

La Transformation du Métamorphe

Bonjour à tous ! La scène classique #fantastique d’aujourd’hui est une #Séance avec un #ouija, très en vogue au XIXe siècle, où Madame Desmilliers veut influencer son mari pour le décourager de prendre le train, mais les résultats ne sont pas ceux espérés…

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Euphrosine tomba à terre comme si quelqu’un l’avait frappée en plein milieu de son dos, le souffle coupé. Luttant pour respirer et se redresser, elle tirait frénétiquement sur le bord de la fourrure pour la retirer de ses épaules, mais c’était comme si la fourrure avait fait fusionner son corps avec les couches de tissu. Rampant jusqu’à l’escalier qui menait au rez-de-chaussée, Euphrosine s’accrocha à la barrière qui courait le long du mur. La fourrure, qui dévorait et brûlait son dos, commençait à s’étendre le long de ses bras et de ses jambes, les tirant en arrière, les tordant dans des positions impossibles. La terreur du cauchemar devenant réalité, les mains d’Euphrosine refusèrent de lui obéir plus longtemps et lâchèrent leur prise sur les montants de bois. Perdant le contrôle de son corps, elle bascula en avant dans l’escalier en appelant :

— Père ! Père !!

— Aubergiste ? Quelqu’un est tombé ? Qui a crié ?

— On aurait dit ma fille mais je ne la vois nulle part. Rosine ? Tu es là ?

— Bè-hè-hè-hè-hè !!

– La Louve Aux Chansons, chapitre VI La Mule : https://ecguyot.com/la-louve-aux-chansons/

Non-Morts & Morts-vivants

Bonjour ! Aujourd’hui, notre scène classique du #fantastique est la découverte de l’invasion par des #mortsvivants. Rien que ça ! Jalen Haeste se trouve dans l’équivalent du métro dans le monde #fantasy de Tsyeloth, quand il remarque l’étrange comportement de certains passagers…

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Jalen releva la tête d’un coup et tomba immédiatement dans le regard de la personne qui se trouvait en face de lui. Ce fut une chute longue et déstabilisante, car l’homme en face de lui avait un regard vide, des yeux qui firent l’effet à Jalen d’être deux puits sans fond qui l’attiraient inexorablement vers eux.

L’homme trébucha et tomba dans les bras d’une femme qui n’eut pas d’autre choix que de le rattraper au vol. L’homme avait le visage tourné vers le cou de la femme et celle-ci cessa peu à peu de lutter sous son poids. La foule les ignorait, comme elle ignorait souvent les couples enlacés, et Jalen se dit que tout rentrait finalement dans l’ordre, quelqu’un s’occupait de ce pauvre homme. Ce n’était pas une menace, après tout, à part peut-être pour lui-même…

La femme tourna la tête et Jalen surprit dans son regard quelque chose entre de la surprise et de l’horreur. Puis son expression devint neutre, hébétée, et sa tête s’affaissa sur son épaule.

– Le Fil des Pages, Livre 1 La Forêt des Livres, chapitre II : https://ecguyot.com/le-fil-des-pages/

Séance de ce soir

Bonjour à tous ! La scène classique d’aujourd’hui est une Séance, très en vogue au XIXe siècle, où Madame Desmilliers veut influencer son mari pour le décourager de prendre le train, mais les résultats ne sont pas ceux espérés…

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Madame, s’attendant probablement à résister à Monsieur, fit glisser le pointeur vers le « oui » avec tant de force que le bois grinça. Monsieur, toujours naïf et bon public, tremblait d’excitation et de peur mélangées.

— O, esprits ! Mon mari veut entreprendre un long voyage dangereux. Doit-il partir ?

Monsieur lorgnait le « oui ». Madame allait pousser le pointeur vers le « non » mais elle s’arrêta soudainement. Son regard se perdit dans le vague. Sur la planchette, le curseur glissa sans bruit vers le « oui », mais Madame ne lui prêtait plus aucune attention.

— Pourquoi ? demanda Madame d’une voix sourde et lointaine.

Cette fois, j’observai le curseur glisser le long des lettres.

— « l…a… r…é…u…n…i…o…n », épela Monsieur. La réunion ! C’est un bon signe, ça ! Je vais rencontrer des gens importants, tu vois !

— Que… qu’est-ce qui l’attend à la fin de ce voyage ? demanda Madame.

— « l…a…v…i…e », épela Monsieur. Lavie ? C’est le nom de quelqu’un ? On dirait un prénom étranger.

Madame ne répondit rien, absorbée dans la contemplation du curseur sur la tablette.

– 1883 Express d’Orient, chapitre II, la Rue Berthollet : https://ecguyot.com/1883-express-dorient/

Octobre est là!

Bonjour! (se lève et se présente) Je suis Emilie C. Guyot, j’écris de la #fantasy, et nous sommes en #octobre! Vous savez ce que cela signifie ? Vampires, loup-garous, sirènes : vous voyez le genre ? Je vous propose ce mois-ci, les mardis et vendredis, une petite rétrospective des scènes des « Récits Et Si » qui, bien qu’étant de la fantasy, sont inspirées directement de classiques du #fantastique. Et toujours avec un twist personnel! Alors installez-vous confortablement devant la cheminée, et laissez-vous porter par les histoires de Mame Ode…

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Mame Ode était une petite dame nerveuse et âgée, au dos droit comme un piquet, avec une tête couronnée de boucles blanches aplaties par une capuche en toile cirée qui les protégeait de l’humidité nocturne. Elle s’assit sur son fauteuil en bois, cherchant le creux qui s’était formé dans le coussin avec les années, puis posa le sac (pratiquement aussi grand qu’elle et dont elle ne se séparait jamais) sur ses genoux. Deux aiguilles à tricoter furent soudainement dans sa main et, sous le mouvement rapide et précis des doigts, les première mailles d’un nouveau tricot firent leur apparition.

Tous ces gestes avaient été observés sans en avoir l’air par la salle entière, dont les conversations avaient cessé aux premiers « tic tic tic » des aiguilles. Toute la salle se tourna imperceptiblement et simultanément vers la petite dame qui tricotait au coin du feu dont on entendait crépiter les braises.

— On le dit et le redit cent fois, commença Mame Ode en tirant sur un fil rouge qui s’emmêlait sur lui-même, il ne faut pas avoir le pied sur les chemins des bois au moment où descend le jour et où monte le brouillard…

– La Louve aux Chansons, chapitre II : Ma Chanson est Dite https://ecguyot.com/la-louve-aux-chansons/

2 ebooks offerts du 28 au 31 octobre!

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Deux aventures fantastiques et inoubliables vous attendent ! Inscrivez-vous ici et recevez-les par mail.

Du 28 au 31 octobre, recevez en même temps La Forêt des Livres, le tome 1 du Fil des Pages, et 1883 Express d’Orient, le premier volet des aventures de Quatresous et les Alterï.

Parcourez des villes imaginaires dans l’espoir d’empêcher les livres de s’effacer. Laissez-vous emporter dans une enquête menée à tambour battant à bord d’un train mythique…

(formats disponibles : epub et mobi)