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1883 à bord de l’Express d’Orient : Mademoiselle Melusine

Mademoiselle Melusine est un personnage très mystérieux qui a encore beaucoup à révéler, mais quelques indices dans le roman suggèrent déjà une partie de son histoire, à travers l’Histoire.

« — Le lieu de ma naissance se trouve peut-être aujourd’hui en Allemagne, dit-elle, mais je ne suis pas vraiment une Alter. »  (chapitre 9)

Melusine Schaefer est née le 31 octobre 1863 à Louperhouse en Moselle, alors un département de la Lorraine. Elle est la fille de Narcissa Roussault et Karl Schaefer. Elle a un grand frère, Tristram, qui a presque 4 ans de plus qu’elle. Appartenant à une famille d’Alterï sans être vraiment une Alter, Melusine grandit entre deux mondes.

En juillet 1870, le gouvernement français craint l’expansion de la Prusse et l’unification des royaumes allemands, qu’elle voit comme des menaces à sa puissance. La France déclare la guerre à la Prusse, mais la coalition allemande se mobilise plus rapidement. Les Prussiens annexent le nord-est du pays, progressent vers Paris, et finalement gagnent la guerre. Le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé, la France cédant officiellement une partie de l’Alsace et de la Lorraine au vainqueur. Renforcé par l’issue du conflit, l’Empire Allemand est formé.

« — La douane est à la frontière, à Avricourt plus exactement. Je devrais plutôt dire « aux Avricourts », puisque c’est cette gare que les Allemands ont coupé en deux, comme ça, sans remords. » (chapitre 6)

Les habitants d’Alsace et de Lorraine ont alors le choix : soit rester sur place et devenir allemands, soit fuir et s’installer en France. Après la disparition de son mari, Narcissa Schaefer choisit d’emmener ses deux enfants et de s’installer près de Paris, à St-Leu-Taverny, où elle a de la famille.

Néanmoins, les liens germaniques de la famille sont un obstacle à leur intégration. L’esprit anti-allemand qui règne en France après 1871 mène la vie dure aux Schaefer, et Narcissa, Tristram comme Melusine se referment sur eux-mêmes afin de trouver la force de supporter leur situation difficile. Pour Tristram, ce sera la musique. Pour Melusine, ce sera une fascination pour le monde médical et les morts violentes.

L’ascension fulgurante de Tristram en tant que jeune violoniste virtuose au début des années 1880 est un retour de chance inespéré pour Narcissa, qui retrouve enfin les cercles sociaux dont elle avait l’habitude. Les préoccupations plus macabres que sociales de Melusine, en revanche, créent une distance et une incompréhension entre la mère et la fille.

L’apparence générale de Mademoiselle Melusine m’a été inspirée par les tableaux de Jacques-Joseph Tissot (1836-1902), un peintre français installé à Londres sous le nom de James Tissot, en particulier Octobre 02 (1877) :

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(source de l’image : Wikipédia)

Chapitre 9 et 10 de l’Express d’Orient

 

Il semblerait que j’ai raté la sortie du chapitre 9… oops. En tout cas il est disponible, ainsi que le chapitre 10, sur Plumarum ! L’enquête est lancée, et Quatresous doit s’improviser détective…

Découvrez gratuitement cette série fantastique où se mêlent histoire, mystère, et fantasy : l’entrée est libre! Je vous souhaite une excellente lecture! 🙂

Chapitre 8 de l’Express d’Orient

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Bonjour à tous! Le chapitre 8 de 1883 : à bord de l’Express d’Orient est disponible sur Plumarum ! Mais que sont donc les Winter en réalité ? Il faut être membre du site afin de le découvrir, mais les chapitres 1 à 5 sont toujours en entrée libre ! Excellente lecture!

1883, à bord de l’Express d’Orient : Le train

L’Express d’Orient, mieux connu sous son nom international Orient Express, est la première ligne traversant l’Europe de Paris à Constantinople (Istanbul) sans changement de train ou étape obligatoire dans un restaurant ou un hôtel. Du moins, il le sera en 1889. En 1883, il faut encore débarquer deux fois : à Giurgewo (Giurgiu) pour traverser le Danube, puis à Varna pour traverser la Mer Noire.

Néanmoins, pour la plus grande partie de son trajet, c’est un véritable appartement roulant qui offre la pointe du confort disponible à l’époque. Si ce ne sont pas encore les  magnifiquss voitures Pullman plus connues des années 1930, le train est déjà un bijou de luxe et de raffinement, depuis le service des wagons-lits jusqu’au restaurant, bien qu’il soit encore majoritairement construit en bois.

Le train n’a pas encore de salons de jour, les voyageurs ne peuvent réserver qu’un compartiment avec couchette. Il roule avec une configuration assez courte : une locomotive (qui change à chaque passage de frontière), son tender (réserve de charbon pour la locomotive), un fourgon à bagages, deux wagons-lits, un wagon-restaurant, et un autre fourgon pour la réserve du restaurant en plus des bagages. Il fait environ 75m de long. 

Le train est chauffé à la vapeur, et éclairé au gaz, mais le passage entre les wagons n’est pas entièrement couvert : on passe d’une plate-forme (aux deux extrémités de chaque wagon) à une autre par une passerelle.

Chaque wagon-lit peut accueillir 20 voyageurs, répartis en compartiments munis de couchettes superposées : 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits, 2 lits, 2 lits, 4 lits. Les compartiments de deux lits sont reliés par paires, grâce à des portes intérieures. Il n’y a pas encore de cabinet de toilette entre chaque compartiment comme il y en aura plus tard, mais chaque wagon-lit est muni d’un cabinet de toilette (muni d’eau chaude!) à chacune de ses extrémités. Le conducteur du wagon est la personne à qui vous adresser si vous avez besoin d’une bouteille d’eau ou d’une couverture supplémentaire, stockés dans une armoire. Les wagons-lits sont fermés à clef pendant la nuit.

Les plafonds des wagons sont arrondis, et décorés de frises ou de motifs floraux. Dans le restaurant, des miroirs énormes sont posés sur les cloisons de séparation afin de refléter la décoration tout en agrandissant l’espace. Le reste des murs est recouvert de tapisseries des Gobelins. Les rideaux des fenêtres s’enroulent au-dessus des vitres, et sont eux aussi ornés de motifs végétaux. Au-dessus des fenêtres courent des portes-bagages grillagés, comme une longue étagère ajourée.

Si la cuisine est un tout petit espace dans le wagon-restaurant dans lequel on peut à peine bouger entre l’énorme fourneau, l’espace lavage, et les ustensiles accrochés jusqu’au plafond, cela n’entrave aucunement le talent du chef. Les menus s’agrémentent des produits locaux des villes que le train traverse. Les plats sont servis dans de la vaisselle fine, sur des tables lourdes qui restent stables en toute circonstances.

Petit détail original, le salon pour dames (qui fait partie du wagon-restaurant) possède une banquette en « U » le long d’un côté du wagon. Le fumoir, à six places, fait également office de salon de lecture : il comporte une petite bibliothèque garnie d’une trentaine de livres, de journaux, de jeux de cartes et de dominos et de tout ce qu’il faut pour écrire.

L’un des défis techniques d’un train international réside à l’époque dans la largeur des rails, qui est différente dans chaque pays. Le wagons sont donc équipés d’essieux qui pouvaient s’adapter. Cela influence sur la vitesse du train : il peut aller jusqu’à 80 km/h sur les voies françaises et allemandes (ce qui est assez rapide pour l’époque), mais d’autres voies le limitent à 40 km/h.

La traversée des montagnes pose également quelques difficultés. Afin de pouvoir tirer le poids du train dans les montées des Carpates, une machine de renfort était ajoutée  à la locomotive.

Origine :

Je cherchais un voyage en train qui soit très évocateur. L’Orient-Express est le premier train international qui allait si loin à travers Europe sur une ligne directe. J’ai trouvé ça très inspirant comme base pour un roman fantastique à la découverte de gens plutôt différents. On connaît surtout la version du train des années 1930 (on pense à Agatha Christie, qui prenait régulièrement cette ligne…) mais j’ai préféré la toute première version du train, plus empreinte de nouveauté et découverte de l’inconnu.

Découvrez le roman 1883 : à bord de l’Express d’Orient, disponible sur Plumarum.com

 

1883 : à bord de l’Express d’Orient

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Octobre 1883. Quatresous s’embarque à bord de l’Express d’Orient, le tout nouveau train de grand luxe, tout juste inauguré par la Compagnie des Wagons-lits. Sa mission est aussi claire qu’elle est saugrenue : faire faire demi-tour aussi vite que possible à son employeur Monsieur Desmilliers et récupérer l’argent des billets, car les finances de la famille en dépendent. Mais à bord du train, tout le monde a un secret, des histoires d’esprits et de monstres hantent les couloirs, et une menace rôde… Et qui sont ces passagers mystérieux, dans les compartiments du wagon de tête ? Pour Quatresous, un voyage vers l’inconnu va commencer dès le quai de la gare…

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