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Le Fil des Pages : Tsyeloth

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Tsyeloth

La citĂ© cosmopolite, mĂ©galopole du dĂ©sert oĂč toutes les cultures, les religions et les langues se rencontrent. L’idĂ©e Ă©tait de rappeler la tour de Babel, sans les points nĂ©gatifs.

Les premiĂšres versions du texte comprenaient une trĂšs longue exposition sur l’origine de Tsyeloth. Lorsque j’ai appris Ă  Ă©diter un texte, tout cela est devenu superficiel, puisque cela ne servait pas du tout l’action. Voici le texte qui a Ă©tĂ© coupĂ© :

Tsyeloth d’ailleurs Ă©tait bĂątie sur une aberration. SituĂ©e tout Ă  fait au sud de Garranha, elle se trouvait sur un terrain qui avait Ă©tĂ© il y avait bien longtemps une terre dĂ©sertique. On n’y trouvait Ă  cette Ă©poque que des rochers Ă©pars qui jaillissaient du sol, certains Ă©rigĂ©s comme des arbres de pierres, d’autres plats et posĂ©s en succession sur le sol comme s’ils s’Ă©taient brisĂ©s et Ă©parpillĂ©s en tombant. Les plaines herbeuses se terminaient bien plus au nord Ă  cette Ă©poque, et aucun lac ni aucune riviĂšre ne fournissait d’eau d’ici des kilomĂštres. On n’y trouvait pas la moindre oasis, et pas mĂȘme les caravanes nomades des Shukmah, les crĂ©atures des sables, ne s’y aventuraient. De l’Ouest soufflaient des rafales de vents qui venaient de la steppe de SĂŒrhe’st, et du sud-est s’insinuait le vent chaud et lourd du dĂ©sert de DĂ©sert. Personne en pleine possession de ses moyens intellectuels n’aurait eu l’idĂ©e d’y installer le moindre campement. Et pourtant, c’est lĂ  que dans un recoin de terre sableuse, protĂ©gĂ©e des vents par la falaise de Jaal-Daar, Tsyeloth a Ă©mergĂ© des entrailles de la terre.

Les grandes histoires commencent toujours par une coĂŻncidence invraisemblable. Une caravane de Shukmah, dirigĂ©e par le Shaman Mvua Mtafiti, s’Ă©tait Ă©garĂ©e vers l’est, et s’Ă©tait abritĂ©e d’une tempĂȘte au pied de Jaal-Daar. Ils Ă©taient Ă  court d’eau et bientĂŽt privĂ©s de vivres, aussi leur Shaman entreprit la priĂšre des cas dĂ©sespĂ©rĂ©s, priĂšre qui comportait beaucoup d’improvisations sur un thĂšme central : taper en rythme de toutes ses forces sur tout ce qui lui tombait entre les mains (principalement des colliers en ossements qui donnaient des sonoritĂ©s caverneuses contre la poitrine du Shaman), tout en poussant des cris de lamentation Ă  faire fuir tous les animaux Ă  la ronde (on ne savait jamais Ă  quelle distance un dieu pouvait se trouver au moment oĂč on avait besoin de lui aussi mieux valait miser sur le spectaculaire pour attirer son attention). Le dieu des Shukmah devait avoir fort heureusement une oreille qui traĂźnait dans le coin, car bientĂŽt le sol se mit Ă  trembler sous les pieds du Shaman, puis sous les pieds de tous les autres membres de la caravane. Bien heureusement, mĂȘme les non initiĂ©s Ă  la communication avec les dieux eurent la prĂ©sence d’esprit d’interprĂ©ter le message divin comme une injonction immĂ©diate Ă  s’Ă©loigner en courant le plus vite qu’ils pouvaient. A peine eurent-ils le temps de se mettre Ă  l’abri qu’un immense geyser d’eau explosa, projetant des torrents de boue aux alentours, ainsi que des rochers, et Svadilfari le Kaarnske du clan des Gravatt.

Cette rencontre entre deux peuples sĂ©parĂ©s par prĂšs de 6000 kms, dans un endroit stĂ©rile oĂč personne ne s’aventurait jamais, Ă©tait donc hautement improbable, et donc inĂ©vitable et prometteuse. Une fois la stupeur passĂ©e et tous les rochers retombĂ©s, les reprĂ©sentants diplomatiques involontaires des Shukmah et des Kaarnske, selon un protocole qui a perdurĂ© jusqu’Ă  aujourd’hui, passĂšrent en revue toutes les stratĂ©gies envisageables avant de se mettre d’accord. Svadilfari tenta d’abord d’empĂȘcher les Shukmah de se servir de son eau gratuitement, dĂ©cision refusĂ©e Ă  l’unanimitĂ© par les Shukmah, qui tentĂšrent de faire taire le Kaarnske Ă  coups d’os de buffle soigneusement appliquĂ©s sur le crĂąne. Quelques coups de hache dans les pieds des Shukmah plus tard, ceux-ci dĂ©cidĂšrent de proposer des babioles Ă  Svadilfari en Ă©change du prĂ©cieux liquide. S’ensuivit une longue discussion sur les taux monĂ©taires et la valeur des marchandises, mais le rĂ©sultat fut acceptĂ© par les deux parties et le premier poste de commerce entre les Shukmah et les Kaarnske Ă©tait nĂ©.

Sterna considĂ©rait que c’Ă©tait la crĂ©ation de Tsyeloth par deux peuples si opposĂ©s qui en avait posĂ© les bases politiques, car les Shukmah proclamaient toujours que c’Ă©tait leur dieu qui avait fait jaillir l’eau dans le dĂ©sert, alors que les Kaarnske assuraient fermement Ă  tout le monde que c’Ă©tait leur dieu qui avait provoquĂ© les Ă©boulements qui avaient conduit au dĂ©tournement massif de la riviĂšre souterraine. Cela instaura dĂšs le dĂ©but une certaine libertĂ© de culte, permettant Ă  tous les dieux susceptibles d’avoir contribuĂ© Ă  la croissance de la citĂ© d’installer librement leurs temples dans les rues. Pour ĂȘtre reconnue religion officielle de Tsyeloth, il suffisait de prouver que la divinitĂ© lui Ă©tait bĂ©nĂ©fique. La citĂ© Ă©tait gouvernĂ©e par un comitĂ© de reprĂ©sentants de tous les groupes considĂ©rant qu’ils avaient besoin d’ĂȘtre reprĂ©sentĂ©s Ă  la tĂȘte de la ville, et dont le prĂ©sident Ă©tait rĂ©Ă©lu tous les quatre ans (la date Ă©tant judicieusement choisie par l’ensemble du comitĂ© afin de s’assurer qu’aucun prĂ©sident n’aurait le temps de faire trop de dĂ©gĂąts pendant son mandat).

Si on me posait la question, son nom se prononcerait plus ou moins « t’saye-loss ».

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Le Fil des Pages

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(2e Ă©dition)

À Tsyeloth, une ville entourĂ©e de dĂ©sert au pied du pic de Jaal-Daar, la vie est trĂ©pidante, bruyante, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. IndiffĂ©rent Ă  tout cela, Jalen Heaste est un doux rĂȘveur, toujours un livre Ă  la main. NĂ©anmoins, si ses livres se mettaient Ă  s’effacer page aprĂšs page, il serait plutĂŽt ennuyĂ©. Et si, ensuite, les contes qui l’avaient bercĂ© toutes ces annĂ©es se retournaient contre lui, transformant la population en monstres dĂ©pourvus de mĂ©moire, il serait vraiment temps qu’il fasse quelque chose… on pourrait finir par lui demander de sauver le monde. Et qui de mieux pour l’y aider que deux bibliothĂ©caires, une parfumeuse, et une combattante douĂ©e d’un terrible potentiel mais qui ne sait pas lire…

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Le Fil des Pages : Jalen Haeste

Le Fil des Pages : Jalen Haeste

Jalen Haeste est un personnage qui vit dans sa tĂȘte, perdu dans la rĂȘverie que lui permet la lecture. Il a le potentiel pour ĂȘtre un Matha ou un Kifha. S’il s’applique, il pourrait ĂȘtre les deux.

C’est Ă©galement quelqu’un d’assez peureux et passif, du moins au dĂ©but du livre, avec juste une pointe de sarcasme qui se dĂ©veloppe au contact de Dyulun. On ne sait pas grand chose sur sa vie, mis Ă  part qu’il vit seul Ă  Tsyeloth, qu’il prend le mĂ©tro avec une mallette pour aller travailler et qu’il passe son temps libre Ă  la bibliothĂšque.

Origine :

Jalen est le seul personnage du Fil des Pages pour lequel je n’ai pas Ă©crit de backstory prĂ©cise, mais uniquement des impressions et des fragments : l’odeur du livre de son grand-pĂšre Ă©bĂ©niste, une brĂšve mention de ses parents, un travail inconnu, une vague date de naissance fin fĂ©vrier, et par-dessus tout l’amour des livres. J’avais besoin que Jalen soit libre de traverser l’histoire, sans avoir de quĂȘte ancrĂ©e dans la rĂ©alitĂ©, et d’exister uniquement dans un monde d’idĂ©es, dont il sortira (ou pas) au bout de l’aventure.

Si on me posait la question, son nom se prononcerait plus ou moins « djalĂšne hast ».